Post Rock, Post Metal Doom, Sludge, Trip Hop, Prog, Mathrock, Chaotic Hardcore. Des mots tout cela, des étiquettes. Laissez-vous guider par mes émotions. Orienter les vôtres et vous donner de quoi rêver. Planer ou encore vous déchaîner.

Le troisième opus d’un groupe Lambda est souvent considéré comme celui de la maturité. De nombreux exemples reflètent parfaitement ce ressenti. On peut par exemple citer Habits des Elephant Tree, Mysterium Trememdum de Lord Dying ou un peu plus ancien le pavé Still They Pray de Cough. Je pourrais continuer, la liste peut être longue et je me limite au psychédélisme. Aujourd’hui, ce sont des Américains originaires de Los Angeles qui balancent un monstre composé sous psychotropes et qui fera date dans leur discographie. Et même si le nom pourrait prêter à sourire à l’allocution francophone, Mountain Tamer n’est pas là du tout pour faire dans la dentelle.

L’artwork, à la fois ridiculement assumé, pourtant bien foutu et très détaillé, est très trompeur du contenu que Mountain Tamer propose. En effet, le psychédélisme et le chamanisme dominent le feeling de composition et on descend bas dans le délire. Je ne vous cache pas qu’avec des herbes vertes et médicinales, le trip n’en est que plus immersif. On voit vite la vie en quartz sur « Turoc Maximus Antonis » et sur le ravageur éponyme « Psychosis Ritual » en entrée. Je dois d’ailleurs avoir été complètement surpris. Je m’attends plutôt à quelque chose de beaucoup plus « drôle », proche d’un Red Fang pour ne citer qu’eux. Je me suis bien mis le doigt dans le cul apparemment. À en juger le single « Warlock », le propos va se révéler très lourd et nous faire plonger dans les méandres d’un Conan ou un de ses sbires. On veut atteindre la toute-puissance. Et le Blunt va nous y aider on dirait bien.

« Scortched Earth » va même enfoncer le clou avec une voix criarde et tout droit sortie des enfers. Comme si mon pétard s’était transformé en sceptre et que me voici intronisé Empereur de la Rougeâtre Terre (ouh làlà Tiph) et mes citoyens ont plutôt intérêt mes consignes et mes déboires. Dans ce cas-ci, je veux un putain de blunt encore plus puissant, être ignominieux et plus vite que ça saute.

Mais je n’en ai jamais assez, l’omniscience fait partie de mon être. Il faut des sacrifices et ils seront effectués sur « Death In the Woods ». Un riff hallucinant et répétitif donnera le ton des meurtres en série. Un solo absorbant pour tout effacer derrière les traces sanglantes de l’Autel, ce n’est rien tout va bien, c’est pour votre bien vous savez. Où est mon blunt bordel satané gnome insignifiant ? Je manque de jus.

Revenu à mon camp de base, « Chained » et sa basse toute puissante lance mon monologue. De nombreux sujets ont été sacrifiés ? Mais rien de tout cela n’existe, personne n’y a laissé sa peau, tout se passe dans mon imagination. Sauf peut-être ce sang sur mes mains. On se croirait en pleine jungle amazonienne avec des cannibales qui veulent vous bouffer partout et faire de votre foie de la chaire à saucisses.

Mais subitement, tout s’amenuise autour de moi, devient flou. Ça ralentit comme si le psychotrope n’agissait plus. Mais… Mais je n’en ai pas repris bon sang, le trip arrive à sa fin. L’atmosphère m’envahit, les gnomes s’envolent en bulles et la nuit de cette forêt devient noir. « Black Noise » annonce la fin du voyage. Le dernier gnome explose de rire en bulle et libère une fumée blanche devant mes yeux. L’aveuglement se dissipe et j’ouvre les yeux sur un carrelage de salle de bain où mon sang ruisselle de mes oreilles et de mes bras. À travers la fenêtre, une lumière bleue en alternance, celle d’une ambulance. L’écume blanche de ma bouche est à point et grumeleuse. Il ne suffit plus que lâcher prise pour retrouver mes gnomes à jamais… Rien ne me ramènera.

La moralité de cette mini nouvelle s’applique parfaitement à ce génial Psychosis Ritual. Ne jamais se fier aux apparences, elles peuvent parfois être totalement trompeuses. Et comme vous avez pu le remarquer à travers mes écrits, on peut facilement et rapidement sombrer dans la démence. D’un visuel haut en couleurs, on est face à un œuvre sombre et dangereuses, portées sur les peurs et délires de l’auditeur, le faire découvrir et sombrer dans sa propre démence. Ce troisième album est tout bonnement parfait et cohérent dans son style de A jusque Z. Les amateurs de rêves hallucinatoires viennent de trouver en ce Psychosis Ritual une nouvelle bande originale de défonce et en Mountain Tamer un nouveau prêcheur de psychotropie (le mot n’existe pas je sais)

Bonne écoute.

  • Tiph

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