Post Rock, Post Metal Doom, Sludge, Trip Hop, Prog, Mathrock, Chaotic Hardcore. Des mots tout cela, des étiquettes. Laissez-vous guider par mes émotions. Orienter les vôtres et vous donner de quoi rêver. Planer ou encore vous déchaîner.

Il y a des moments de vie que l’on oublie pas. Certains irremplaçables, d’autres on préférait s’en passer. Sans trop entrer dans les détails, et parce qu’après tout on s’en fout de moi, j’ai eu une peur intense il y a à peine quelques heures qui aurait pu se terminer beaucoup plus mal pour ma tête et même mon existence si souvent contestée. Plus de peur que de mal mais mon froc a morflé grave (au sens propre comme au figuré). Toujours est-il que nous sommes au milieu de la nuit et malgré les calmants, je ne parviens pas à fermer l’œil suite à cette dose d’adrénaline. Alors, je fais les deux uniques choses que je parviens à faire dans ces moments de stress : écrire et écouter de la musique (boire et fumer des joints aussi mais ça, c’est pas bien).

 

Et comme si la vie me lançait un « signal », ma liste d’écriture me rappelle que je n’ai pas encore couché de mot à propos des Estoniens de Wolfredt, alors que la première écoute m’avait laissé une excellente impression. Mais la vie (puisqu’elle s’impose d’elle-même comme le centre de cette chronique) est parfois ainsi faite : quand ce n’est pas le moment, c’est que c’est pas le pas moment et point barre, à la ligne. Et pourtant. Car oui et pourtant. Quand je revois ce superbe clip de « The Forgotten Man », j’ai du mal à me comprendre moi-même. Pourquoi ai-je traîné à écrire au sujet de cette pépite exceptionnelle ?

En effet, Wolfredt propose un post rock aux teintes de Coldbones, Caspian, Barrens. Mélodie, puissance et intensité se mélangent pour créer cette évocation dont seul le post rock (dans notre monde bien entendu) est réellement capable d’établir sans parole. À ce jeu, Tides, leur troisième album paru en septembre est l’opus de la confirmation et de la maturité. Dès le début avec « The Flood », on est plongé dans cet univers de glace chaude (dans mon monde, c’est possible), comme une sorte d’introduction à l’histoire que l’on se fait sur un riff lancinant et des claviers froids. Mais aujourd’hui, je n’invente pas d’histoire, non, c’est vous et vous seul qui la créez. Je vous indique juste le tempo avec le morse de « Walrus Song » où nous nous trouvons. Ce morceau est d’ailleurs un superbe enchaînement et monte en puissance rapidement pour indiquer que l’histoire est hostile (avouez que j’aide beaucoup, non?). Le rythme vous restera dans le crâne tout le jour.

« Colossus » et le grave « Ghost In The Machine » restent dans cette même veine sans se se répéter. Très chantant alors qu’il n’y a aucune parole. Une affiche les réunissant avec les Britanniques de Coldbones serait un pur bonheur auditif à leur écoute. Vient ensuite le moment avec « The Forgotten Man ». Comme expliqué, il m’est arrivé une belle tuile hier. En revoyant le clip en extrait, cela m’apporte une leçon :  MERDE. Ce type a raison putain, on devrait tous à un moment dans notre existence avoir l’introspection suffisante pour oser faire ce qu’il fait (j’avoue faire mon bâtard en vous incitant à regarder la vidéo comme une pute à clics mais il en vaut la peine). Au départ doux et mélancolique, nous allons vite sombrer dans une dépression d’envergure malsaine. Prenez le temps et réfléchissez.

En plus d’être bon, le groupe est généreux car il reste quatorze minutes de son pour deux morceaux. Les opus dépassant les quarante minutes deviennent légendes à mon goût. « Moebius Strip » et ce spleen donne des frissons me rappelant The Echelon Effect avant de terminer sur le massif « The Ebb » comme une conclusion non seulement cohérente mais apportant sa pierre à l’édifice de cette leçon de vie.

Plus que jamais auparavant avec NMH, je vous raconte et conte de nombreux artistes et leurs univers. Mais avant tout, je reste moi-même un fan de musique. Wolfredt fait de nouveau partie de tous ces romanciers mélodiques qui rythment ma passion, mes envies et dans ce cas présent mes déboires. À un moment de vie difficile pour moi, Wolfredt et ce magnifique Tides m’ont donné le sourire et rendu le moral que je pensais loin de moi. Et rien que pour ça, je les remercie et faites-moi plaisir : découvrez-les.

Bonne écoute.

  • Tiph

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