Post Rock, Post Metal Doom, Sludge, Trip Hop, Prog, Mathrock, Chaotic Hardcore. Des mots tout cela, des étiquettes. Laissez-vous guider par mes émotions. Orienter les vôtres et vous donner de quoi rêver. Planer ou encore vous déchaîner.

Il y a quelques semaines, je vous proposais la chronique du superbe album Penumbra de BARRENS en mettant en avant l’excellence musicale que la Suède propose à tout niveau. Je vous mentionnais que potentiellement, j’en oubliais certains. C’est confirmé. Lights & Motion fait partie de cette catégorie et même des tout grands de cette planète.

Nous ne connaissons pas forcément le groupe et pourtant nous avons tous été exposés plusieurs fois à leur son par moments via des publicités, des séries ou des bandes originales de film. Il faut connaitre le répertoire pour le savoir, je vous le concède. On en compte certains avec Will Smith, Dwayne Johnson, Owen Wilson, Johnnny Depp, Steve Carrel, Pierce Brosnan mais aussi des séries HBO, The Vampire Diaries tout comme reprises dans les publicités pour le fameux superbowl aux States ou des génériques de The Voice, en passant par des bandes sons de documentaires style National Geographic, Planet Earth, etc. et même des pubs pour Visa. Cela vous donne une meilleure idée du bonhomme ?

Effectivement, derrière tout cela se cache un seul homme-orchestre : Christoffer Franzén. Le multi instrumentaliste suédois est l’âme de ce projet ambitieux et théâtral. Les descriptions officielles le décrivent comme du post rock cinématique. De par les facettes de la diversité culturelle dans lesquelles sa musique évolue, j’ai plus envie de faire référence au théâtre. Christoffer est capable de s’approprier toute sorte d’émotion. En revanche, on est toujours dans la sensation la plus forte, l’émotion à fleur de peau.

The Great Wide Open est sa cinquième release avec Lights & Motion. Et si on ne peut pas parler de changement d’orientation, on peut affirmer que le groupe fait ce qu’il sait faire de mieux : du Post Rock grandiloquent, atmosphérique et aérien.

Photo de Fredrik Sellergren

La sublime intro « Parachutes » est une belle mise en jambe pour accompagner le premier single chanté, « Wolves » avec Johan Hasselblom, dans un registre très pop, mais bien ficelé, convainquant et rythmé. Le coté fédérateur du groupe ressort dès les premières secondes de la galette. Bien que ce terme me déplaise, c’est tout public et permet de découvrir le post rock de manière positive et lumineuse. Le rêve se poursuit sur le titre suivant avec une lancée sur « Glistening » à vous faire frissonner. L’intensité monte encore d’un cran. Il en est de même sur « Sypher », parfait enchaînement. On se sent plonger au cœur d’une vallée dans une folle poursuite pour la vie. Plus on avance, plus je comprends la cinématographie vivre dans la musique du groupe, dans son âme.

L’éponyme « The Great Wide Open » ralentit un peu pour laisser place à l’émotion la plus tendre. Nuancée de plein de sens. C’est un morceau assez philosophique tant dans son approche que son interprétation. La douceur rencontre la puissance évocatrice. C’est comme admirer un superbe documentaire animalier, dont je suis friand, au passage. C’est peut-être la raison pour laquelle cela éveille chez moi un sentiment de bien-être. Oui, je me sens bien en écoutant cet album, il apaise ce mal-être qui me ronge depuis quelques mois.

La suite reste dans la même optique : nous apaiser avec les atmosphériques « Separated Hearts » et « Equals » qui font la part belle aux claviers. « When Everything is Falling », quant à lui, semble tout droit sorti d’un film romantique et onirique. Cela me rappelle le splendide film avec Robin Williams « Au-delà de Nos Rêves » que je vous conseille de revoir par ailleurs et voir si pas encore coché dans votre liste.

La science-fiction s’invite à la fête sur « Phoenix » où les premières notent me ramènent à « Sphère » avec Sharon Stone et Dustin Hoffman. Excellent également. Je suis en train de transformer cette chronique en vidéothèque ou je rêve ?

La fin du film est annoncée par « Aurora », on s’approche de l’épilogue tout doucement, les claviers dominent tout, avant un superbe passage hallucinant. Waw.  La chaire de poule s’en prend à mon être et ma gorge se serre. Tant de souvenirs me reviennent sur ce titre sans aucune explication. Peut-être le moment le plus intense de l’album. Cependant, Lights & Motion n’est pas le genre de groupe à finir sur une note de tristesse. « Woven » fait monter une dernière fois l’intensité jusqu’à son paroxysme pour la laisser éclater et nous en envoyer plein la vue. On se prend la lumière dans les yeux et on est absorbé, tout pourrait s’écrouler autour de nous, peu importe, on a atteint l’objectif et s’il fallait mourir, ce serait la paix dans l’âme. Le final est mélancolique mais tellement prenant.

Et si je devais terminer cette chronique maintenant, le maitre mot serait Espoir. C’est un peu ce que le musicien nous donne avec ce « A Speck Of Light », comme une outro annonçant une potentielle suite et/ou un final grandiose. Enfin, de nombreux réalisateurs aiment poser une scène post générique. C’est chose faite avec le très pop « I see You » en duo avec Frida Sundemo. Je ne vous cacherai pas que je n’en suis pas plus fan que cela, la voix de la jeune chanteuse étant un peu trop « passe partout » pour moi, mais cela reste très bien fait d’un point de vue instrumental et c’est très subjectif. On termine cependant sur une note positive, à l’image de l’album : très lumineuse.

Les 45 minutes que je viens de passer en compagnie de ce groupe me ravissent. J’ai traversé de nombreuses contrées et revécu de beaux souvenirs. Je persiste à penser que même si la musique de Lights & Motion est classée comme cinématographique, c’est surtout la théâtralité que je retiens. On passe par tout le panel d’émotions de bien-être. On ne peut sortir de cette galette qu’avec le sourire. Vous avez le cafard ? Écoutez ce magnifique The Great Wide Open. Il est un fabuleux remède au spleen.

Bonne écoute, bon voyage et bons souvenirs 😉

  •  Tiph

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *