Post Rock, Post Metal Doom, Sludge, Trip Hop, Prog, Mathrock, Chaotic Hardcore. Des mots tout cela, des étiquettes. Laissez-vous guider par mes émotions. Orienter les vôtres et vous donner de quoi rêver. Planer ou encore vous déchaîner.

Encore une preuve que la scène helvétique est en pleine expansion.

Longtemps résumée à Stephan Eicher dans l’inconscient collectif commun et Samael dans les esprits metalleux, la Suisse a vu émerger des talents considérables. Pour ne citer qu’eux : Coilguns, Charlene Beretah, Ølten, E-L-R, Darius… Je vais ajouter un nom à cette superbe liste : celui d’Ogmasun. Et croyez-moi, je ne taris pas d’éloge à leur sujet et surtout à propos de ce dantesque Into the Void. Et je pense qu’ils sont loin d’avoir dit leur dernier mot.

Deuxième opus pour ces Suisses originaires de Fribourg, et qui nous livre une cargaison dépassant les frontières du temps avec ces 37 minutes de psychédélisme, réparties en deux morceaux. C’est dire la densité du vide dans lequel nous allons plonger. La pochette très ambiguë donne le ton. Est-ce la mer en noir et blanc ? Ou bien un cratère lunaire ? Dans les deux cas, le groupe nous propose un voyage dans le passé, et futuriste en même temps.

Explication : Vous le savez, j’aime les métaphores. Je vous propose celle-ci. Personnifiez Year Of No Light. Il a réussi à inventer une machine à remonter le temps. Direction et atterrissage dans les années 70, et qui sont les deux protagonistes qu’il rencontre ? Deep Purple et les Who. Imaginez finalement une fusion de leurs puissances respectives réunies en une seule et même unité, où la temporalité n’existe pas. Vous obtenez Into The Void. Sorti il y a déjà un peu plus d’un an certes. Mais la richesse des sorties est trop importante et personne ne peut dire combien de pépites sont passés au travers des filets. Je vous propose un cours de rattrapage temporel.

« Space Bears Chilling In A Hot Spring » semble vraiment construit comme un patchwork d’inspiration post rock, voire metal par moments avec des passages très seventies. En témoigne l’utilisation des claviers qui confèrent à l’ensemble ce psychédélisme ambient. Ça et là des samples agrémentent l’atmosphère. L’intensité monte et on se laisse emporter. Il y a une sorte de paradoxe. Là où le titre de l’opus et son visuel semblent vouloir nous tirer vers le bas, j’ai ressenti comme une sensation de planer à travers un trou de ver et comme je le disais, me retrouver du coté de Londres en 1974, une époque où rien ne semblait impossible, apparemment.

La seconde piste, « Cote 304 », plus progressive encore, enfonce le clou sur 21 minutes. Une intro d’inspiration noise drone va nous faire replonger de plus belle. L’intensité va monter de plus en plus avec un coté expérimental et presqu’improvisé, vraiment attrayant. L’accordage des guitares est juste parfait pour donner ce ton si ancien et moderne à la fois.

Pour conclure, je ne peux que vous encourager à vous laisser transporter loin de chez vous et de ce bordel qui nous encercle pour l’instant. Into the Void est une ode au passé glorieux du prog et une œuvre post rock moderne en même temps. Ogmasun m’a permis, durant 37 minutes, d’oublier les tracas de la vie et permis d’imaginer à quoi ressemblerait un album de 2019, transposé 50 ans plus tôt. Ou serait-ce l’inverse ? Mer ou cratère ?

Bonne écoute

  •  Tiph

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