Un an… Un an déjà sans publication sur NMH, alors que nous avions juré de relancer la machine. Rien de grave, bien au contraire : les vies se remplissent, les projets se multiplient, les familles s’agrandissent. Forcément, les aventures secondaires passent au second plan — à notre plus grand regret.
Mais parfois, au détour d’un concert, d’un album marquant ou d’une lecture captivante, une étincelle ressurgit. On ressent à nouveau ce besoin irrépressible de partager, d’écrire, de transmettre. C’est exactement ce qui m’a frappé lors du concert de We Stood Like Kings au petit cinéma Le Foyer d’Habay-la-Vieille, en Belgique. Et franchement, quoi de mieux qu’un groupe cher à notre cœur pour reprendre la plume ?
Car, croyez-moi, Pinocchio mérite largement qu’on s’y attarde. Cet album marque une véritable renaissance pour le groupe belge, porté par l’arrivée d’un nouveau batteur et d’un nouveau guitariste. Tournant radical ? Pas complètement. L’âme de We Stood Like Kings demeure bien ancrée dans ce piano omniprésent, moteur de toute leur identité sonore depuis leurs débuts. Mais le ton change. Plus dense, plus rugueux, Pinocchio libère une énergie brute, presque viscérale, qui transforme leur post-rock d’autrefois en un post-metal habité.
Dès les premiers instants avec « Assassins », la batterie plante un décor percutant qui n’a rien à envier aux mythiques Russian Circles. Les riffs suivent, massifs et envoûtants, sans jamais écraser les harmonies lumineuses du piano qui se voit enrichi de beaux effets sonores, bien plus qu’auparavant.
Cette noirceur nouvelle trouve son écho dans la pochette signée Carll Cneut : un Pinocchio hagard, le regard perdu dans l’obscurité. Rien d’étonnant, finalement, à ce que le groupe ait choisi ce conte de trahison et de manipulation pour explorer des territoires émotionnels plus sombres. Les crescendos majestueux et la montée d’intensité de chaque morceau rappellent que Pinocchio est loin d’être un conte innocent.
Avec Pinocchio, We Stood Like Kings signe l’un de ses disques les plus intenses à ce jour. Peut-être même le meilleur? Le concept reste inchangé, il s’écoute à la fois comme un album « classique » ou comme une bande originale. D’ailleurs, je vous invite à aller les voir se produire sur scène, vous découvrirez, projeté derrière le groupe, le conte de Pinocchio réinventé par les illustrations de Carll Cneut, animées par Cartoonbase Studio. Entre la force tellurique du métal et la délicatesse du piano, le groupe atteint un équilibre rare, avec une production sonore soignée aux petits oignons.
Et si cet album, en plus de signer la renaissance du groupe, marquait aussi le retour d’un peu de régularité chez NMH ? Nous ne promettons rien, mais après tout, les belles histoires méritent d’être racontées, et celle-ci était un point de départ parfait.
| Guillaume
