Rédacteur en chef et Fondateur de NMH. Spécialisé dans le post-rock, l'ambient, le post-metal, le psychédélique et la musique progressive en général.

Je me souviens des mots de ma douce future épouse lors de la première écoute de cet album : « ça c’est un album pour regarder les étoiles ». Quelle ne fut pas sa surprise de constater que l’auteure de ce joli disque est en train de contempler les étoiles sur la belle pochette qui l’illustre? Incroyable, non? Blague à part, Punisher est mon album du moment, celui qui tourne en boucle et dégage une délicate sensation de quiétude de la première à la dernière note (à un poil près…).

Phoebe Bridgers est issu de cette scène que l’on nomme « singer-songwriter »… Comme si être auteur-compositeur était un genre à part entière, tout comme le fameux tagg « indie » qui ne rime pas à grand chose non plus. C’est un autre débat, mais ce qui est certain, c’est que cette scène est bien définie. Je peux même dire que vous voyez de quoi je parle : Julian Baker, Father John Misty, Lucy Dacus ou encore Jonathan Wilson. Une folk délicate, souvent rêveuse et posée, voilà ce qu’est ce genre musical. Et Phoebe Bridgers a bien défini son style au sein de ce genre, on la découvre à nouveau mélancolique lors du premier vrai morceau de l’album (« DVD Menu » étant une intro), « Garden Song » duquel se dégage une atmosphère particulièrement chaleureuse et nostalgique.

Lorsque je vous disais « à un poil près », je faisais référence à « Kyoto » qui casse un peu cette nostalgie si caractéristique de l’artiste américaine. C’est ce qui faisait aussi son charme sur Strangers in the Alps, son premier album tout aussi délicat. « Kyoto » est un morceau intéressant, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, il aurait cependant, à mon humble avis, dû être placé à la fin de l’album, pour donner une petite note d’espoir à cet album bien triste… Triste, mais « uplifting » comme disent nos amis de l’autre côté de la Manche.

Le constat est aussi le même que pour son premier opus, Bridgers fait le choix de paroles simples où la nostalgie (pas d’autre mot, désolé pour les répétitions…) de l’adolescence est prédominante. Des paroles directes, sans trop de profondeur « philosophique », mais faut-il nécessairement faire de la poésie de haut vol pour atteindre les étoiles? Bridgers démontre que non, le morceau éponyme est une preuve à écouter d’urgence.

La majorité des morceaux propose donc cette atmosphère posée, sans chichi, où la simplicité des mélodies est essentielle et se voit sublimée par les textures sonores travaillées. Punisher est un album brillant qui, je vous en parlais dans le premier paragraphe de cette modeste review, est propice au « stargazing », puisque cette expression est tellement plus poétique en anglais.

Bon stargazing.

  •  Guillaume

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