Post Rock, Post Metal Doom, Sludge, Trip Hop, Prog, Mathrock, Chaotic Hardcore. Des mots tout cela, des étiquettes. Laissez-vous guider par mes émotions. Orienter les vôtres et vous donner de quoi rêver. Planer ou encore vous déchaîner.

Au moment où je débute l’écriture de la chronique de cet album que j’écoute depuis quelques jours, je découvre également que The Echelon Effect vient de sortir un nouveau single tiré d’un prochain EP Drift Static, à paraître sous peu. Je vous propose cependant de vous pencher sur cet effort qui devrait ravir tous les adeptes de Lights & Motion, Collapse Under The Empire ou encore plus évident, Caspian.

 
Derrière The Echelon Effect se cache un certain David Walters, un musicien anglais multi-instrumentiste et officie déjà depuis onze années sur ce projet. Onze années durant lesquelles il a sorti huit albums et un bon nombre d’EP’s. L’homme n’en est donc pas à son premier coup d’essai et je dois avouer que ce Drift Ten ne me laisse absolument pas indifférent. Proposant un drone avec des pointes de post rock, le projet se veut résolument ambiant. Et au niveau ambiance, il semble que l’artiste sache y faire, comme nous allons en parler dans quelques instants. D’autres de ses releases sont plus orientées post rock. Cela doit dépendre des humeurs certainement et c’est très bien comme ça, on ne s’en lasse pas!

Pour l’instant, je suis vraiment dans les deux extrêmes. Soit il me faut de la douceur, soit de la violence avec des riffs hyper acérés. Tout va dépendre de l’état d’esprit. Ce Drift Ten est parvenu à me calmer là où je ne pensais pas pouvoir y arriver. À l’image de l’autre soirée d’écriture sur Zealand The North, encens, thé et ambiance chaleureuse à l’entame de cet opus.

« The Drift Of Lonely Hearts », superbe introduction à la Lights & Motion pour prendre référence, ou le ciel côtoie déjà les nuages du matin, la teinte rosée entre le soleil et le bleu spatial est rassurante. D’entrée de jeu, on se laisse aller en fermant les yeux. Si on tend l’oreille, on a presque le sentiment d’entendre les crépitements d’un vieux vinyle. À l’instant où on les ré-ouvre, nous sommes dans « Fall Of The Decade » et surprise, on plane dans le vide, toujours dans la douceur. La chance est offerte d’observer l’espace de plus près. Mais il y a tant de choses à voir. Le détour jusque Denver (Salut Jérôme Mardaga 🙂 ) ne dure qu’une petite heure, on s’y rend à coup de mélancolie et d’intensité, tant qu’on y est. Une batterie rythmera notre voyage jusque là.

On finira par atterrir. « Walking Empty Streets » nous plonge dans une ville morte où la nature aurait repris ses droits, ou le silence règne sur les avenues. On ne sent pas menacé, non, on peut marcher au milieu de la rue sans danger. Mais se retrouver seul face à soi-même va impliquer une décision. Celle de tout quitter. « Goodbye My Friend » sonne comme cet au revoir, empli de lumière et d’espoir. Il reste tout à reconstruire dans cette ville, en respect avec cette nature verdoyante, où l’espace est visible depuis le sol. Le sens, le son, tout amène à la poésie.

Le chemin sera long et on ne sait pas où l’on va. Mais ce sera très haut, aux abords de l’espace. « Retracing Our Tracks in the Sky » est plus spatial, le sol nous semble loin à l’entame d’un drone très lancinant, enchanteur. On aperçoit juste les lumières de Denver au plus bas. Ce morceau réclame du temps, de la patience, de la dévotion pour en saisir ses capacités. Il n’y a pas d’air et pourtant on respire à pleins poumons. Allez, on inspire un bon coup, essayez, ça enlève un poids.

De l’autre coté de la Terre, il y a ce Soleil. « The Feedback of Summer » va nous amener à l’approcher, à la recherche d’une chaleur, quelle que soit sa forme. La brève interlude « Into Eleven » nous fera plonger ou plutôt voyager dans « A Song for Forever ». Drone dans l’approche, avec un certain relent presque pop. Dans tous les cas, nous sommes dans un voyage interstellaire où l’immensité n’a pas de nom. Pas de vaisseau, rien. Juste le bruit des vagues, de vent, là où il n’est pas possible d’y avoir de l’air. Denver n’est désormais plus qu’un lointain souvenir. Le voyage sera long. Quelqu’un veille sur nous. « You Sleep, I’ll Keep Watching » sera notre havre de paix pour se laisser bercer jusqu’au soleil. Ou plus loin encore, qui sait avec ce nouvel EP en approche.

Après cette écoute très philosophique, qui m’a permis de me relaxer, calmer mes angoisses et trouver une voie vers le bien-être, je ne peux que vous encourager d’en faire autant. The Echelon Effect, ou David Walters, vous propose un voyage en douceur là où seul vous serez le maître de vos pensées, à commencer par ce visuel, telle votre piste de décollage dans la nuit, dans la bande originale de votre nuit. Vivement le prochain EP, il ne semble pas avare en quantité, ni d’ailleurs en qualité. J’ai passé un moment relaxant. C’est votre tour désormais. Et vous savez quoi ? L’intégralité de la discographie de The Echelon Effect vous est proposée en téléchargement libre. Preuve que l’homme veut avant tout partager un moment avec vous. Et ça, ça n’a pas de prix. Mais si vous le pouvez, faîtes un geste.

Bonne écoute et surtout bon voyage.

  •  Tiph

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