Chroniqueur fan d'ambient, avant-garde, art pop, black music, classic rock, folk, jazz & fusion, progressif et soundtrack.

À souvenirs frétillants, retrouvailles exaltantes. C’est avec cette phrase pompeuse en tête que j’ai lancé la nouvelle galette de Slowdive. Empli d’émotions, mais surtout de craintes, soyons honnêtes. Quoique le teaser « Sugar for the Pill » m’avait un peu rassuré. Il faut savoir que j’entretiens une longue histoire d’amour avec Slowdive, intervenu à un moment peu reluisant de ma piètre existence (crise d’adolescence).

J’ai saigné les deux premiers disques comme jamais, les répétant sans cesse sur mon lecteur, faisant ressortir la moindre émotion de chaque parsème des titres. Je m’amusais à les faire écouter à mon entourage. Eux peu admiratifs, tout juste satisfaits. Je vivais à travers les plus belles « tracks » de ces albums. A fond, en automne de surcroît, soleil couchant dans ma première voiture, à penser mon avenir tellement incertain. C’était l’esprit shoegaze ça ; le petit ado paumé, gorgé de rêves (inaccessibles) qui, l’espace de quelques volées enfumées, refaisait le monde par vagues de brume. C’était beau et puissant à la fois. Triste sur le moment, nostalgique avec le temps. Peut-être comme la tournure de la musique de Slowdive en fait.

Donc ce Slowdive 2017. J’étais clairement craintif sur la qualité totale de l’album. Faute à un Pygmalion sorti en 1995 qui ne m’avait franchement pas percuté ; tellement à des années lumières de Just for a Day (1991) et Souvlaki (1993), hormis certains titres dont « All of Us », petite tuerie. Je me suis demandé à quoi bon se réunir après autant de temps ? Qu’est-ce qui a poussé le groupe à se retrouver pour quelques concerts pour enfin pousser la porte du studio ? J’en ai foutrement aucune idée et je ne veux même pas savoir pourquoi. Tout ce que je sais, c’est que cette pause de 20 ans leur aura été bénéfique.

Quelle ne fut pas ma joie de découvrir un disque racé, élégant, loin des premières productions du groupe tout en les rappelant intimement, notamment par des chants vaporeux et des mélodies entêtantes, dans le bon sens du terme. Aux premières écoutes, j’étais un peu sceptique quant à la direction plus mature du groupe. Moins romantique, moins mélancolique, on sent clairement que le groupe est devenu adulte, surfant plus sur une vague nostalgique et indie. Qu’importe, la musique est bonne. Très bonne même. J’avais plus pris mon pied sur du shoegaze depuis quelques temps. Un album assez concis quantité et en durée, jusque ce qu’il faut comme il faut. Dix morceaux, une première partie bien carrée et plutôt tristoune, un milieu plus vaporeux et deux morceaux finaux très progressifs dans la démarche.

Slowdive en 2017

S’il ne détrône clairement pas les deux premières moutures du groupe à tout jamais inscrites au panthéon des meilleures production du shoegaze, ce cru de 2017 qui relance la carrière du groupe (il suffit de voir les sold out de leurs concerts partout dans le monde) en est leur parfait descendant. Comme deux parents qui s’aiment profondément, Just for a Day et Slouvaki porteront Slowdive jusqu’à maturité. En fait… je suis certain que dans quelques mois, ce disque deviendra plus grand. Déjà très bon, il s’apprécie et prend du cachet comme un bon vin. Croyez-moi, il aura sa place dans quelques tops 10 de cette année 2017. Mais pas pour tout de suite, il doit d’abord remplir les ondes de son atmosphère.

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