Post Rock, Post Metal Doom, Sludge, Trip Hop, Prog, Mathrock, Chaotic Hardcore. Des mots tout cela, des étiquettes. Laissez-vous guider par mes émotions. Orienter les vôtres et vous donner de quoi rêver. Planer ou encore vous déchaîner.

On la respecte telle la reine. Tellement elle inspire la grâce, la majesté et la noirceur en une seule personne. Mais Chelsea Wolfe est avant une Femme. Avec un F majuscule comme dans « Fous toi ce parpaing dans ta gueule ».

Moins d’un an après son dernier album folk Birth of Violence, la voici de retour avec un nouveau projet Mrs. Piss, qu’elle a monté avec sa batteuse Jess Gowrie qui officiait en tournée sur l’album Hiss spun. Et si vous aviez des doutes qu’elle puisse se faire menaçante, tranchante, perverse et acérée, on a droit à la face B de Chelsea.

Mrs. Piss est un concentré punk et sludge très gras qui va à l’essentiel : faire du sale et du malsain. Les deux femmes sont fatales durant ces 18 minutes de Self-Surgery, au visuel limite immonde mais qui correspond parfaitement à l’ambiance qu’on se mange. Cela me rappelle la scène effroyable de Charlotte Gainsbourg dans Antichrist de Lars Von Trier. Cette scène m’a empêché de dormir pendant trois jours à l’époque. Non, je ne vous la rappellerai pas les pervers, vous irez voir par vous-mêmes et la pochette est une bonne indication de mon allusion.

Coté contenu, c’est un vrai album de punk avec, toutefois, toutes les nuances que la Reine peut mettre dans son univers, ça sonne larsen et distorsion au max. « To Crawl Inside » te met directement la pression pour t’emmener sur « Downer Surrounded by Uppers ». Plus punk tu meurs. Le Dangereux « Knelt » nous ramène à un doom sludge que les deux comparses ont distillé sur Hiss Spun. C’est le seul morceau dépassant les trois minutes.

On part ensuite dans un délire semi electro avec ce « Nobody Wants To Party With Us », comme si elle invitait des participants à un Snuff Movie crade. Dans l’esprit, cela me rappelle Eyehategod. Perso, je serais sacrifié d’entrée de jeu. « M.B.O.T.W.O. » sonne très garage rock et lance l’excellent « You Took Everything », plus alternatif et plus lent avant un démarrage presque grindcore dans l’approche avec des pointes de doom sludge. Les growls en arrière-plan sont d’ailleurs dans cette veine. Mon titre favori de cet EP.

Pour se présenter, quoi de mieux qu’un éponyme « Self-Surgery » qui résume à lui seul toutes les influences qui ont donné naissance à ce monstre. C’est accordé très bas, ça gueule, c’est malsain, c’est bon putain ! On se termine sur « Mrs. Piss » dans la même veine que le titre précédent. Je suis acquis à leur cause et si je dois choper le coronavirus de mes deux pour les voir, ça sera une bonne fin pour moi.

Chelsea Wolfe est une femme, une artiste confirmée mais avant tout un être humain. Un être humain qui avait de la pression à évacuer, apparemment. Ce type d’évacuation me convient parfaitement pour moi-même évacuer ma haine. L’EP a tourné à fond dans mon antre aujourd’hui. Mes attentes sont désormais de voir naitre un vrai album. S’il reste un one shot, ce Self-Surgery fera partie de mes EP’s de chevet quand j’ai la haine à coté des Cult of Occult ou Code Orange.

Bonne écoute

  •  Tiph

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