Je dois l’avouer. C’est un fait désastreux. Je ne sais même pas s’il faut oser révéler une telle ignorance. Avant cet album de Mogwai, je n’avais jamais écouté le groupe. Oui, je sais, ignominie déferle-toi sur toi lui pensent certains. Je répondrai « mieux vaut tard que jamais ».

C’est donc avec un intérêt certain que je découvre qu’ils sont actifs depuis 1995, ont sorti neuf albums studio, ainsi que produit plusieurs bandes originales de films et documentaires. Et ce, dans divers domaines. On brasse d’un reportage sur Zinédine Zidane (hein ?) à des films à haute tension. C’est dire l’étendue de leur art, ainsi que la limite d’horizon fixée par les membres, à savoir : même le ciel n’en est pas une.

Ce ZEROZEROZERO fait partie de cette branche et concerne une série du même nom. J’ai choisi d’en savoir le moins possible sur l’œuvre visuelle et uniquement me pencher sur l’audio. Car selon mes critères, il ne s’agit pas d’une soundtrack. Mais bien d’un véritable album.

D’ordinaire, je ne suis pas friand de bandes originales, celles-ci étant uniquement réservées à illustrer mes longues nuits. Attention, je ne dis pas qu’aucune n’ait jamais attiré mon attention. Par exemple, à l’époque, je me souviens de la sublime B.O. de « 28 jours plus tard ». Ce ZEROZEROZERO me rappelle un peu cette ambiance. En effet, dans cet opus, rien ne filtre. Le sombre est la seule couleur et l’anxiété règne en maître. Comme un bad trip mal géré mais sans faire de vague, on parvient tout de même à contrôler les convulsions. J’entends par là que l’ambiance est relativement calme mais pas pour autant rassurante.

J’ai écouté quelques fois l’album, à diverses heures de la journée. Il m’a paru à chacune d’entre elles comme un appel. Un appel à me taper dans le divan, et profiter de ce que Mogwai sait faire de mieux : te faire planer. Vous l’aurez remarqué, j’ai opté pour une review différente de celles que je propose d’habitude, à savoir un décryptage des titres en métaphores. Non, cette fois, j’ai considéré l’ensemble comme un… Comme un film. Ce qu’il est quelque part dans sa réalité. Du moins, il a été conçu de la sorte, sur base d’images articulées. Et ces images lui donnent un sens, une vision, des émotions. Et ce sont justement ce sens et ses émotions qui ont déclenché chez moi ces sensations. Ouais là, je suis en trip total. La fin de l’opus approche et mes mains écrivent à ma place, portées par le son, en adéquation avec lui. Sereinement mais à la limite de l’épilepsie. Comme si le bad trip me guettait.

Maintenant que vous avez lu ces lignes, je vous invite à en faire de même. Posez-vous et écoutez cette superbe ode à l’atmosphère et l’ambiance. Laissez-vous glisser dans un sommeil profond, avec le risque de ne pas se réveiller. Mogwai sera votre dernière note, l’ultime éclatement mais doux.

Enfin, vous allez lire le synopsis de la série et puis vous mettrez l’album en relisant ma chronique. Vous comprendrez mieux où je voulais en venir.

  •  Tiph

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