Amateur de musique. De musiques. De musiquesssss. Créateur, producteur et animateur de l'émission Progscopie sur YouFM. Une émission thématique nouvelle un jeudi sur deux à 18h, en direct, dédiée au rock progressif au sens large. Co-rédacteur en chef du magazine francophone Prog-Résiste qui traite du rock progressif; 4 numéros par an.

Après une formation musicale bien étoffée, des débuts de carillonneur dans une vieille église au milieu de New-York, Charlemagne Palestine, compose, joue, chante, crée. On est fin sixties, compositeur, performer, vidéaste, sculpteur, il apprend auprès de Pandit Pran Nath, maître indien du chant auprès duquel les artistes les plus reconnus du minimalisme que sont Terry Riley et La Monte Young se sont aussi formé.

Son premier album, double, 1974 : « Four manifestations on six elements ». Du minimalisme pur. Beau, essentiel. Tout comme son second « Strumming music », aussi 1974. Tous les deux sont, entre autres, exécutés au piano Bösendorfer qui possède une octave supplémentaire dans les graves permettant des effets de résonance impressionnants et magnifiques.

Mais ce n’est pas de ces deux merveilles dont je veux vous parler aujourd’hui mais d’une œuvre qu’il a réalisé après ces presque 20 ans de passage sans activité musicale professionnelle et où il se consacrait aux arts visuels. En effet lorsque Sonic Youth redécouvre Charlemagne Palestine en 1996 sa carrière musicale reprend et parmi les nombreux albums qui sortiront (que ce soit des rééditions ou des nouvelles œuvres) il y a « Schlingen Blängen » en 1999 sur le label New World Records. C’est de l’orgue. C’est innovant. C’est organique. C’est prenant. C’est un chef d’œuvre.

Charlemagne Palestine

Charlemagne nous offre un joyau de pur minimalisme : à la fois sous forme de son continu, de peu de notes exécutées et de process music. Une note est jouée et soutenue à l’aide d’un petit bout de papier qui coince la touche de l’orgue. Puis une autre est jouée et s’additionne à la première. Et ainsi de suite. Les sons sont longs et bons. Les sons sont là et envoutants. Des tons et d’autres encore. On perd la notion du temps et on s’enfonce dans les bourdons, les drones, le son ; LE SON. On est proche des post-rockeux. Des amoureux de l’indicible perfection du son.

Des effets irrationnels de la chaire musicale sur notre appétit phonique. Attention ceci se déguste à la fois avec deux oreilles intéressées, un esprit grand ouvert et une patience d’ange. Car l’effet, comme souvent dans l’univers du minimalisme, se fait sentir à la longue. Petit à petit. Il faut comprendre que le temps s’écoule différemment, plus lentement et il faut s’y assujettir pour pouvoir atteindre sa substantifique moelle, quintessence recherchée. Bonne découverte !

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