Rédacteur en chef et Fondateur de NMH. Spécialisé dans le post-rock, l'ambient, le post-metal, le psychédélique et la musique progressive en général.

Sommes-nous toujours capables de rester objectifs lorsque nous devons écrire un live-report à propos du légendaire Dunk!Festival ? Pas certain. Le fait qu’on y retrouve chaque année des amis, des membres de groupes humbles et accessibles et qu’on y rencontre de nouvelles têtes toutes plus généreuses les unes que les autres signifie déjà que l’événement sera une réussite. Pendant ces 3 journées (5 en fait, si on compte le mercredi soir et le dimanche matin), on quitte momentanément le commun des mortels pour entrer dans une bulle que nous tentons chaque année de vous faire vivre si vous n’avez pas l’occasion d’y assister.

Vous l’aurez certainement remarqué, nous n’aimons pas les reports à rallonge, nous allons donc éviter de vous faire un journal intime de tout ce que nous avons vu et fait pour nous concentrer sur les groupes que nous avons vraiment apprécié en espérant vous communiquer l’envie d’aller écouter leurs albums parce que là est le réel intérêt d’un live report comme nous l’entendons. Tentons donc, pour la quatrième année consécutive (la troisième avec le studio mobile de YouFM), de vous faire découvrir cette bulle qui vous incitera, je l’espère, à nous rejoindre l’année prochaine pour cette expérience riche et unique.

Jour 1 – Jeudi 30 Mai 2019

Après une première nuit d’excitation, de discussions autour de nos attentes et de retrouvailles avec l’organisation et les habitués, nous entamons notre journée avec enthousiasme, accompagné par une météo qui s’éclaircit de minute en minute, laissant place au soleil qui ne nous quittera plus pendant tout le festival. Pour ce qui est du set up des différents lieux, il est le même que l’année passée : deux scènes séparées par le magnifique chemin illuminé dans les bois et une tente merch face au réfectoire. Simple. Efficace. Il n’en faut pas plus. 

© Mats LamSistemas Inestables

La première surprise est venue d’emblée avec Sistemas Inestables. Les chiliens et leur post-math-electro-rock avaient la lourde tâche d’ouvrir la main stage (et donc le festival) et ils s’en tirent avec les honneurs. Une mise en bouche réussie qui nous permet d’aller préparer le studio mobile pour notre première émission en direct du festival avec le cœur léger. Pendant ce temps, ce sont nos photographes qui assistent à Black Narcissus, Osorezan et Welcome to Holyland. Le reste de l’équipe s’adonne alors à quelques interviews en direct à l’aide de Jean-Séb, organisateur du Lyon Post-Rock Tour. Nous avons passé un moment formidable avec lui et nous le remercions pour son aide et sa bonne humeur. Voici d’ailleurs le podcast que vous pouvez (ré)écouter en toute nostalgie.

Nous profitons de ces quelques lignes pour remercier Sistemas Inestables, This Patch of Sky, Coastlands et Haester pour leur présence lors de cette très chouette émission.

C’est d’ailleurs de ces derniers, Haester, qu’est venu la seconde claque de la journée. Grâce à une musique proche de l’univers de Cult of Luna, The Ocean ou encore Isis, les Gantois mettent le feu sur la scène principale, sans décevoir. Le public venu en nombre semble conquis et en ce qui me concerne, j’aurais bien voulu voir l’un ou l’autre groupe similaire à celui-ci lors de cette édition 2019 même s’il faut reconnaître que la diversité était de mise cette année avec du heavy, de l’ambient, du math, du post plus classique et aussi quelques curiosités expérimentales.

© Mats LamHaester

A propos du public, je l’ai trouvé nettement moins respectueux que lors des années précédentes, même si l’ambiance reste tout à fait acceptable et agréable dans l’ensemble. En effet, même si les festivaliers se retrouvaient en nombre pour chacun des concerts et que le groupe qui ouvrait chaque journée bénéficiait d’un bon public, les conversations, rires et autres bruits intempestifs étaient beaucoup plus fréquents qu’à l’accoutumée, surtout sous la Main Stage, si bien qu’un « shhhhhhh » généralisé s’est instauré lors de la dernière journée, non sans me faire sourire.

Pour revenir aux groupes, après un excellent set, relativement classique mais efficace, de Am Fost La Munte Și Mi-a Plăcut, c’est au tour de Labirinto de nous surprendre. Les brésiliens n’ont pas peur de voyager entre les styles. Leurs albums partent d’un post-metal relativement lourd pour explorer aussi le doom ou plus récemment le post-rock sur Divino Afflante Spiritu. Un très chouette set rarement souligné dans les différents live reports que j’ai pu lire alors qu’ils étaient clairement au top.

© Mats LamStaghorn

Dans la forêt, ce sont Staghorn, FVNERALS et Celestial Wolves qui se succèdent. L’alternance des styles, plus légers, aériens et plus lourds, confirment la volonté du Dunk!Festival de proposer un large panel qui plait à un maximum de fans de musique (presque) instrumentale. Un moment marquant aura certainement été le speech de Joris, membre de Celestial Wolves que nous avons reçu dans une de nos émissions pour parler du dernier album du groupe (c’est par ici), qui clamera en substance que les extrêmes ne sont jamais bons, nous rappelant ainsi que le Dunk!Festival fut une brève parenthèse agréable de tolérance dans un contexte politique belge tendu.

Entre ces trois concerts réussis s’intercalent Coastlands et leur post-rock classique mais puissant et This Patch of Sky qui aurait clairement pu faire figure de tête d’affiche en cette première journée. Grâce à une musique instrumentale agrémentée d’un violoncelliste talentueux, les américains ont fait preuve d’un professionnalisme rare. Le son de leurs guitares si caractéristique marque leur personnalité et lorsqu’un groupe sait se faire reconnaître grâce à une panoplie de sons inimitables, c’est qu’ils font partie des grands.

© Mats LamUfomammut

Ufomammut eu l’honneur de clôturer la première journée avec un set audacieux rempli de solos stoner, l’occasion pour le groupe de fêter les vingt ans de leur collaboration devant un public conquis, mais pas si nombreux que ça. Il faut dire que le choix de headliner était surprenant mais que nous étions contents de voir que les fans de post-rock pouvaient s’ouvrir à de nouveaux horizons musicaux (mdr). 

Galerie du Jeudi (Cliquez sur l’image pour naviguer)
Jour 2 – Vendredi 31 mai 2019

Tout se passe pour le mieux… Oh wait. Non pas vraiment en fait. A la suite d’un problème technique qui aura fait griller une partie de notre studio mobile, nous voilà contraints à enregistrer nos interviews sans pouvoir les diffuser en direct. En bons pros que nous sommes (et modestes), nous trouvons rapidement une solution et nous décidons de compiler ces interviews dans une émission spéciale de quatre heures que nous avons diffusée le 9 juin dernier. C’est par ici que ça se passe pour la première partie :

Afin d’accomplir notre devoir radiophonique, nous manquons malheureusement Mantis, Wanheda et Baulta (Que Mats et Mélanie, nos photographes, ont aimé), non sans regret… Mais nous avons travaillé d’arrache-pied pour vous proposer des interviews de PILLARSA Swarm of the SunKokomo ainsi qu’un débat autour du post-rock avec des ténors des réseaux (CJ de Ranges, Greg le fan incontournable des réseaux sociaux, Lara chroniqueuse de Pretty In Noise, Jonas community manager du VIVID Festival (entre autres), Robert chroniqueur pour plusieurs webzines et David directeur d’une agence PR et chroniqueur également). Nous en avons profité pour interviewer les organisateurs du VIVID Festival et du POST. Festival. Tout ça, vous l’entendrez dans le podcast partagé ci-dessus. Un chouette moment avec des êtres humains fantastiques, nous les remercions chaleureusement pour leur bonne humeur et surtout pour leur collaboration.

Pour résumer nos coups de cœur, mention spéciale à Pillars, Wang Wen et A Swarm of the Sun qui furent les plus convaincants (selon nous, no-haters plz). Pillars, grâce à une performance énergique, hisse leur dernier album, Cavum, au rang des albums de post-rock les plus puissants de 2019. Je ne les attendais pas au tournant et la claque fut d’autant plus inattendue. Wang Wen, quant à eux, ont proposé un show digne de leurs performances studios. Grâce à des instruments peu communs dans le post-rock, ils amènent le genre un pas plus loin sans oublier d’y inclure une bonne dose d’émotion débordante si caractéristique du post-rock.

© Mats LamWang Wen

Mentionnons enfin A Swarm of the Sun. Ce groupe n’a pas peur des silences, souvent bien respectés par le public qui semble hypnotisé, et mélange le dark-jazz avec les crescendos du post-rock, tout cela avec un chant très juste qui vient compléter ces belles mélodies originales où l’on prend le temps d’apprécier le moment présent. Rappelons aussi la présence de Xavi et de ses bandmates de Malämmar qui ont tout défoncé sur la forest stage avec un show complètement fou, à l’image des musiciens qui, visiblement, s’éclatent sur scène.

Pour le reste, Mats et Mélanie, nos photographes chouchous (doit-on le rappeler?), ont également assisté au concert de Kokomo où le groupe allemand aura mis le feu tout en jetant des ballons dans la foule, insufflant une ambiance festive à toute la Main Stage. Quant à Jozef van Wissem, Wrekmeister Harmonies et Efrim Manuel Menuck, nous sommes certains, au vu des réactions recueillies çà et là, que leurs concerts ont créés de nouveaux fans mais nous n’avons pas été emportés par les univers respectifs des trois artistes. Question de goût, c’est tout. Ou peut-être question d’humeur car ces trois projets me plaisent dans leur format studio. Qui sait? Toujours est-il que rien n’est à jeté au dunk.

Galerie du Vendredi
Jour 3 – Samedi 1er Juin

Comme nous vous le précisions ci-dessus, vous pouvez retrouver les interviews que nous avons menées ce jour-là dans notre émission spéciale de quatre heure. Voici la seconde :

 

Un grand merci à Tom de BOSSK, Gifts from Enola, Shy, Low et Le Temps du Loup de nous avoir donné un peu de leur temps pour des interviews parfois impromptues mais souvent drôles et pleines de sincérité. Pendant ce temps, nous manquons donc Summit, Paint the Sky Red et Jean DL & Karen Willems auprès desquels nous nous excusons sincèrement.

© Mats LamLe Temps du Loup

Pour ne pas la faire trop longue, divisons donc à nouveau cette journée en plusieurs parties et commençons par nos coups de cœur. Le Temps du Loup, pressé chez Dunk!Records, et Jardin de la Croix sont à saluer puisque Nacho, le bassiste des deux groupes, aura enchaîné deux shows sous une chaleur insoutenable. Chapeau à lui et à ses deux groupes qui nous ont proposé des concerts de folie sous la Main Stage. Ensuite, Shy, Low aura vraiment convaincu sur la Forest Stage où plus tard joueront Zhaoze (des habitués du festival?) et Bossk. Concernant Bossk, Tom nous a confié avoir relevé ce challenge qui était de jouer sans leur chanteur (pour l’histoire complète, on vous invite à écouter nos podcasts 🙂 ) et a donc proposé avec son groupe un set complètement instrumental pendant lequel ils ont joué quelques morceaux inédits. Nous avons hâte de les voir jouer sur la Main Stage au festival ArcTanGent en août prochain pour y retrouver le chanteur car ce groupe est incroyable.

Du côté des gros gros coups de cœur, nous avons été époustouflés par la performance de Tangled Thoughts of Leaving et leur musique progressive expérimentale qui avait tout à fait sa place lors du festival. Chapeau à la batteuse qui semble se donner à fond en live, bravo! N’oublions pas Alcest, groupe mené par Neige qui fait honneur à toute leur discographie en jouant vraiment un peu de tout. Une très jolie conclusion.

© Mats LamAlcest

Lorsqu’il s’agit de nos déceptions, et je sais que nos chers photographes ne seront pas d’accord avec ces mots, nous avons été vraiment déçus par le son de Her Name is Calla. Nous étions confortablement installés face à la Forest Stage lorsque le concert a débuté avec un son exécrable où les basses vibraient et masquaient les autres instruments. Nous sommes partis au bout de quelques morceaux mais cela n’aura pas empêché le groupe de convaincre énormément de fans venus les voir clôturer cette scène. Bizarrement, nous ne sommes pas les seuls à avoir ressenti cette piètre qualité sonore alors que d’autres encensaient la performance. Preuve que tous les goûts sont dans la nature. Fort heureusement, Animal Choir, dernier album du groupe, m’aura réconcilié avec celui-ci après cette performance en demi-teinte.

Galerie du Samedi
Nos tops personnels

Comme tout ceci n’est qu’une histoire de subjectivité argumentée (ou non?), voici, pour conclure en beauté, les tops des membres de l’équipe :

Le top de Guillaume

1. A Swarm of the Sun
2. Wang Wen
3. This Patch of Sky
4. Haester
5. Pillars

Le top d’Anthony

1. Wang Wen
2. Tangled Thoughts of Leaving
3. This Patch of Sky
4. Alcest
5. A Swarm of the Sun

Le top de Mats

Jeudi : Celestial Wolves, Staghorn, This Patch of Sky
Vendredi : A Swarm of the Sun, Kokomo, Wanheda
Samedi : Her Name is Calla, Jardin de la Croix/Temps du Loup, Alcest
 
Le top de Mélanie
 
Jeudi : Ufomammut, This Patch of Sky, Coastlands
Vendredi : A Swarm of the Sun, Pillars
Samedi : Her Name is Calla, Jardin de la Croix, Le Temps du Loup
 
A l’année prochaine 🙂
 
  • Guillaume

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