Live reporter sur NMH. Avant tout photographe, principalement sur Lyon. Musicalement attiré par tout ce qui est "post", que ce soit punk, rock, metal ou hardcore. Un peu trop vinyl addict, mais je me soigne.

A bien y repenser, j’aurai du finaliser puis valider la première version de ce report. En effet, 15 jours plus tard, le recul à naturellement laissé la place à d’excellents souvenirs, alors qu’après le concert j’avais cette sensation d’avoir vécu un truc unique. Cela s’applique surtout à Amenra, mais ordre de la soirée et galanterie oblige, je vais commencer par Myrkur.

C’était donc l’occasion de la voir pour la seconde fois en concert en quelques mois. La première s’était faite sur un coup de tête, direction Barcelone ou elle était en première partie de Solstafir. Pour revenir sur ce concert au Razzmatazz, il faut reconnaitre que même si la prestation avait été bien trop courte, la dame nous avons montré de belles choses, notamment ce magnétisme qui émane d’elle et que j’avais rarement ressenti avec des musiciennes/chanteuses.
Cette date aux Docks, était donc l’occasion de « profiter » d’elle un peu plus (étant co- headliner sur l’affiche avec Amenra).

© Frédéric Boivin • Myrkur • Les Docks, Lausanne

Pour situer, il faut tout d’abord lui reconnaitre de nombreuses qualités, ses clips sont magnifiques, la musique proposée flatte souvent l’oreille et sa voix est juste exceptionnelle. Et je pèse les mots en disant cela.  En effet, arriver sur scène et se foutre autant à poil musicalement parlant, c’est assez fort!.

Dans le cas de Myrkur, on est vite happé par ce qui émane d’elle, ce qu’elle représente mais également par cette ambivalence musicale qui permet également à de nombreux réfractaires du « métal noiiiiiiiiiiir » de s’intéresser à la dame. A noter que si elle vogue entre black métal, musique traditionnelle et structures pop, elle réussit à garder une cohérence qui fait qu’on ne ressort pas uniquement satisfait dans mon cas des morceaux calmes ou des morceaux plus énervés mais plus de la globalité du set proposé.

© Frédéric Boivin • Myrkur • Les Docks, Lausanne

Néanmoins, et c’est certainement le petit bémol à apporter à cette prestation en Suisse, le set s’est plutôt fait sur des teintes calmes. De plus la voix semblait sous mixée à certains moments au profit des musiciens.  Impression validée par la fan Number one de la dame avec qui je m’étais rendu sur cette date.

En effet, sans paraître fatiguée, ou blasée, on a pu la sentir un peu sur la retenue au niveau des moments les plus agressifs (a tel point que nous avons je crois, eu un morceau en moins par rapport aux autres dates -a confirmer quand même-).

© Frédéric Boivin • Myrkur • Les Docks, Lausanne

La prochaine étape, est donc de la voir cette fois en tête d’affiche d’un concert, pour s’immerger encore plus dans son projet (avec pourquoi pas un cameo de Chelsea Wolfe?).

Pour conclure, sur ce qui s’apparait vraiment à une première partie (le concert à duré moins d’une heure), mention spéciale à ses 3 musiciens, qui tout en sobriété, délivre une prestation qui envoie bien du bois (oui, cette expression est has been…)

Setlist (théorique) :
Longer Drone in Em (intro)
The Serpent
Ulvinde
Dybt i skoven
Onde børn
Vølvens spådom
Jeg er guden, i er tjenerne
De Tre Piker
Elleskudt
Måneblôt
Skøgen skulle dø
Skaði
Villemann og Magnhild


Concert terminé, je sacrifie la sacro sainte 2ème pinte d’entre deux concerts pour être au premier rang pour Amenra.
Les 2 barres métalliques en main… c’est avec « Boden » que Colin débute la messe.

Je fais directement une aparté concernant la musique d’Amenra sur laquelle il est parfois difficile de poser des mots sans tomber dans le pompeux, le WTF verbal, ou l’abstrait complet… en tout cas je vais essayer du mieux possible d’en parler en quelques mots…

© Frédéric Boivin • Amenra • Les Docks, Lausanne

Honte à moi, je ne les ai vu que 3 fois en concert. Néanmoins cette fois j’ai une idée plus précise de ce qui fait qu’un bon concert d’Amenra, est plus une expérience, voire une performance, qu’un simple set / best of de morceaux enchainés. Et cela même si la vie d’artiste fait que ces mecs enchainent dates sur dates en proposant un concept plus ou moins similaire à chaque date de concert. Dans mes propos à venir, j’exclue de suite (désolé!) ceux qui sont réfractaires à cette proposition musicale qu’ils nous font et qui invite à un périple semé d’embûches.

Beaucoup parle d’ailleurs de souffrance dans la musique d’Amenra, et particulièrement dans la prestation de Colin. Cela pourrait être pertinent, et ces derniers pourraient être dans le vrai… Ceci dit on peut aussi voir les choses d’un autre angle.

© Frédéric Boivin • Amenra • Les Docks, Lausanne

Ok ok… Amenra c’est lourd, ok c’est sombre, ok on ressent de la tristesse et du désarroi, ok certaines envolées de Colin respirent la souffrance et la beauté en même temps… mais au final j’aime à penser qu’Amenra en live c’est un peu plus que cela. Je me rappelle en effet de la première fois (d’Amenra en live). Ce concert était assez « cool » car j’y étais allé avec mes parents (pensée à eux). Le concert nous avait laissé tous trois sur le cul littéralement.

Ce son massif, ces vidéos projetées, le fait que Colin nous tourne le dos pendant quasiment tout le concert… nous avions passé un moment de cohésion très forte, comme n’avait pu le permettre que de très rares prestations scéniques (bon ok, Nick Cave à Fourvière, c’était aussi balaise dans un autre genre musical). Bref, si je m’égare un peu, beaucoup, c’est pour rebondir sur le fait que Amenra n’est pas unique dans le sens qu’ils seraient les seuls a proposer des concerts si immersifs, mais unique dans le ressenti qu’ils génèrent ainsi que dans les moyens qu’ils emploient pour le faire. Je serais incapable de dire si tel ou tel membre est bon ou mauvais musicien, cela va au delà de ce genre de  considérations techniques.

Je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler un fan hardcore du groupe, je ne collectionne pas tout leur merch (d’ailleurs globalement qualitatif), mais je ne peux que me conforter à l’idée que ce groupe à une place à part dans ma vinylothèque, mais surtout dans mes souvenirs de concerts. Le genre de groupe dont quelque part, tu es fier d’être allé les voir, de pouvoir échanger, de pouvoir aussi garder tout cela pour soi (ce qui ne fait pas de mal de temps en temps d’ ailleurs).

© Frédéric Boivin • Amenra • Les Docks, Lausanne

Pour raccrocher avec le sujet initial (la date aux Docks… vous suivez toujours? ) et être plus factuel, il faut avouer que la setlist frisait la perfection. De Mass III à Mass VI, tous on au moins un titre présent et la cohérence de ces derniers est indéniable.  Pour ce qui est du son, je n’étais pas forcément au mieux, étant au premier rang, mais force est de constater que chacun des musiciens était parfaitement mixé (bouchons obligatoires par contre!). Colin pose parfaitement sa voix claire dans des moments ou son exposition est maximale et ou cela pourrait être tellement casse gueule (et là on peut trouver une sorte de connexion avec Myrkur).

A noter que comme pour les autres dates de cette tournée, nous n’avons pas eu droit à « A Solitary Reign ». Je serais d’ailleurs curieux de savoir si c’est un choix délibéré dans une optique de cohésion musicale, ou plus à des contraintes techniques (alternance de chants?). Si quelqu’un à lu quelque chose la dessus je suis preneur. Ce morceau étant à lui tout seul tellement représentatif de ce qu’est Amenra aujourd’hui.

© Frédéric Boivin • Amenra • Les Docks, Lausanne

Bref, on pourrait écrire encore des pavés et des pavés sur ce concert (et par extension sur Amenra), mais pour conclure, j’invite tous les indécis, à passer le cap de l’écoute des albums pour se confronter à ce qui fait qu’Amenra est tout simplement l’une des formations les plus intéressantes en live ces dernières années.

Sur ce, j’arrête avec les superlatifs. Bon futur concert.

Ah et si tu veux lire la chronique de Mass VI de l’ami Guillaume, ça se passe ici!

Setlist :
Boden
Plus Près De Toi (Closer To You)
Razoreater
Diaken
Thurifer et Clamor ad te Veniat
Nowena | 9.10
Terziele
Am Kreuz
Silver Needle. Golden Nail

© Frédéric Boivin • Amenra • Les Docks, Lausanne
  • Fred
Galerie Photo

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