Rédacteur en chef et Fondateur de NMH. Spécialisé dans le post-rock, l'ambient, le post-metal, le psychédélique et la musique progressive en général.

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Les fans de post-rock connaissent et apprécient notre Dunk!Festival national, mais ce n’est pas le seul à représenter en Europe ce style de musique si particulier. À quelques kilomètres au sud de Bristol, en Angleterre, un autre événement du même acabit se fait de plus en plus populaire. Le festival ArcTanGent vient de boucler sa 5e édition et ne fait que grandir, avec un line-up toujours plus impressionnant. En seulement cinq années, des groupes comme God is an Astronaut, Mono, Godspeed You! Black Emperor, This Will Destroy You, Explosions in the Sky ou encore 65daysofstatic se sont succédé. Je me suis donc rendu, des rêves plein la tête, au pays de Shakespeare pour assister à cette 5e édition haute en couleur.

Une déception inattendue malgré l’affiche de rêve.
Un démarrage ensoleillé… qui n’aura pas duré 🙁

Inutile de faire durer le suspense, je dois être honnête avec vous et admettre ma grosse déception face à mes attentes qui étaient, peut-être, trop élevées. Certains éléments, comme la météo, n’ont certainement pas joué en la faveur du festival, mais on remarque que le manque d’expérience de l’organisation se fait ressentir.

Le premier « choc » a été de constater l’absence de douches, les organisateurs avaient même l’air de se demander pourquoi nous aurions besoin de douche… Avouez qu’avec le temps presque apocalyptique que nous avons eu, une petite douche, même froide, aurait fait le plus grand bien. Nous étions en effet en bottes pendant tout notre séjour.

La météo s’est rapidement dégradée… Créant un champ de boue fort (dés)agréable!

Avant de poursuivre dans cette argumentation plutôt négative, je me dois de communiquer mon immense respect envers les groupes qui se sont produits sur les 4 scènes. L’affiche était en effet alléchante pour les fans de post-rock, math rock, métal progressif en encore de hardcore. Pour vous donner une idée, sachez que Russian Circles, Explosions in the Sky, God is an Astronaut et sleepmakeswaves côtoyaient des groupes plus techniques et progressifs tels que Converge, TesseracT, The Physics House Band ou encore les très émotionnels Nordic Giants.

Ces grands groupes n’étaient pas la seule attraction puisque les plus petites formations étaient également mises à l’honneur avec des noms comme Gallops, Bossk, Lost in Kiev, Brutus (de Belgique!), Toska, Totorro et j’en passe. Si je ne devais retenir que quelques concerts, je soulignerais le talent cinématographique et musical de Nordic Giants qui nous emmène sans trop de difficulté dans leur univers unique ainsi que la puissance technique et « basseuse » de TesseracT, groupe de métal progressif (ou djent) britannique qui nous a mis une grosse claque !

Des setlists trop courtes et un son plutôt moyen.
Les belges de Hemelbestromer sur la scène Yohkai au son très très moyen…

Malheureusement, ces moments de jouissance auditive ont souvent été fracassés, entre autres, par des comportements de festivaliers manifestement pas présents pour la musique, ce qui nous a particulièrement déçu dans ce type d’événement qui se veut, admettons-le, relativement élitiste. Nous étions donc en droit d’imaginer un public respectueux, tel que c’est le cas au dunk (sans vouloir comparer de trop, mais dans ce cas, c’était inévitable).

Un autre couac aura été celui du son, et particulièrement sur la scène Yohkai. C’est en effet là que la qualité sonore laissait très souvent à désirer. La balance était mauvaise dans la plupart des cas, les basses beaucoup trop présentes avec un volume trop élevé de manière générale. Bref, grosse déception sur cette scène, d’autant plus que Russian Circles se produisait sur cette scène en tant que tête d’affiche le premier jour. Nous avons malheureusement quitté le concert après 2 morceaux pour éviter le massacre… Mais, ayant déjà vu le groupe à plusieurs reprises, nous savions que ce n’était pas de leur faute.

La très jolie scène principale

Nous avons également eu à déplorer l’horaire de passage des musiciens ou plus particulièrement leur temps de jeu sur scène. Par exemple, certains groupes du milieu de l’affiche, qui jouent entre 45 minutes et 1 heure dans d’autres festivals, n’avaient droit qu’à 30-35 minutes. C’était vraiment trop peu pour pouvoir profiter un maximum de leur talent et rentrer dans l’univers parfois recherché de certaines formations.

Quelle surprise avons-nous également eue lorsque nous avons découvert que si nous voulions connaître l’horaire exact de passage des groupes, nous devions payer 5 livres sterling. Bon, nous recevions en contrepartie l’horaire dans une pochette en plastique tenue par un tour de cou en tissu… Mais bon…

Une organisation… profiteuse ?

Ensuite arrive la partie la plus épineuse de cette chronique. En tant que « reporters » amateurs, nous nous devons de rapporter l’information comme elle nous vient, et il est parfois nécessaire de dénoncer certaines pratiques, notamment dans le milieu musical. Nous sommes de fervents défenseurs des jeunes artistes qui tentent de se faire une place parmi les grands, c’est la raison pour laquelle nous adorons discuter avec ce genre de groupes, afin de les soutenir encore mieux.

Et c’est au détour d’une conversation avec l’un de ces collectifs (que je ne citerai pas pour ne pas leur porter préjudice) que nous avons appris, de source sûre donc, que l’organisation du festival se permet de prendre 20% de la vente de CDs, vinyles ou tout autre merchandising des groupes.

Les très communicatifs sleepmakeswaves

Ces mêmes groupes (mis à part les gros noms, j’imagine) ne sont également pas logés ni nourris. Nous avons d’ailleurs croisé pas mal de petits groupes aux différents stands de nourriture et boisson, à payer leurs consommations… Ce sont ces artistes qui ont besoin d’aide et de soutien et nous estimons que leur sucrer 20% des ventes, les loger au camping comme un festivalier « normal » sans leur fournir de quoi se restaurer est vraiment too much, surtout pour un festival qui se veut ouvert.

Une expérience plutôt décevante…
La troisième scène

En bref, mis à part une affiche qui faisait baver, nous avons été déçus. Déçus par le son, les organisateurs indisponibles (3 mails envoyés sans réponses, aucune personne disponible sur place…) et plutôt profiteurs… Autant dire que nous ne pensons pas y retourner l’année prochaine, malheureusement. Le pire dans tout ça, c’est que les groupes n’en peuvent rien ! Espérons que le festival rebondisse et prenne de l’expérience avec les années, car l’espoir de voir l’événement s’améliorer n’est pas nul. Seul l’avenir nous dira si nous y retournerons un jour…

Le coup de coeur : TesseracT
  • Guillaume

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