Co-Fondateur de NMH / Chroniqueur fan d'ambient, avant-garde, black music, classic rock, folk, jazz & fusion, progressif et soundtrack. @AlessCaruana (Twitter)

L’album pop suprême. Voilà ce qu’est Avalon ; un véritable chef-d’œuvre. Mais comme je vous sais avide de belles paroles, je vais discourir un peu. Et c’est là qu’on se rend compte de toute la difficulté de mettre des mots sur ce qui est profondément beau.

Avalon sort en 1982, deux ans après Flesh + Blood et s’affiche comme le huitième et dernier disque studio de l’égérie du glam rock anglais. Comme d’habitude chez Roxy Music, tous les substantifs traitant de déception et de ratage sont à proscrire. Ici, et ce même si la formation a coupé son cordon ombilical avec le rock, la musique se veut on ne peut plus maîtrisée. Du glam rock, les Anglais ne garderont que le glam pour le réhabiliter en une musique pop particulièrement raffinée, voire hétéroclite.

C’est donc dans un voyage pop garni de funk, jazz et new wave que nous sommes conviés. Un sommet du genre, où l’on retrouve un Bryan Ferry tout simplement exquis au chant, une guitare électrique langoureuse, un saxophone passionné, une basse sexy, un jeu de batterie léger mais onctueux, tout ce beau monde pour ponctuer de la plus belle manière qui soit chaque morceau. La pochette avait déjà annoncé la couleur : un voyage vers des contrées inexplorées, vers un horizon sans fin. Avalon symbolisant d’ailleurs, dans la littérature arthurienne, une île lointaine où reposent les anciens rois.

De la première à la dernière seconde du disque, absolument rien n’est à jeter. Et si certains passages paraissent moins intéressants que d’autres, ils sont vite sublimés par un nouvel enchaînement ; les tubes se succèdent sans qu’on ait le temps de se remettre des émotions passées. Difficile de cibler un morceau en particulier de peur de s’éterniser sur de longues pages et tant ce disque offre un tout absolument monumental. Avalon s’écoute d’une traite, sans interruption, plusieurs fois d’affilée, à vie. Allez, juste pour le plaisir, j’en ciblerai un seul : « More Than This » qui est devenu avec le temps le tube légendaire et ravageur qu’on connait. Le morceau passe-partout qui ferait craquer n’importe.

Tour à tour évasif, charnel, lubrique, élégant et riche d’une multitude d’idées admirables éparpillées en fragrances musicales jouissives à souhait, Avalon est tout simplement l’un des disques les mieux écrits de tous les temps. Oui, j’ose l’affirmer. Si toute la pop pouvait partir des mêmes ingrédients, croyez-moi le monde irait mieux. C’est le chant du cygne d’un groupe légendaire que tout amateur de musique se doit d’essayer et qui rend véritablement justice au genre. Car oui, Avalon fait partie de ces monuments intemporels de la Musique. Le genre de galette sans qui le cinquième art ne pourrait subsister.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *