NMH https://www.nmh-blog.be New Musical Horizons Sun, 05 Jul 2020 10:58:34 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.4.2 https://i2.wp.com/www.nmh-blog.be/wp-content/uploads/2020/04/cropped-logofinalok-4.png?fit=32%2C32&ssl=1 NMH https://www.nmh-blog.be 32 32 122241210 Throwing Bricks – What Will Be Lost https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/09/throwing-bricks-what-will-be-lost/ https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/09/throwing-bricks-what-will-be-lost/#respond Thu, 09 Jul 2020 04:52:53 +0000 https://www.nmh-blog.be/?p=6573 Les Pays-Bas. Le gouda. Le Quartier Rouge. La Beuh, les Coffee, Patrick Kluivert et Dave. Ce sont les noms et mots qui reviennent le plus souvent dans une discussion quand on parle de nos voisins néerlandais. Et bien, ce soir, je vous propose d’ajouter un nom à cette liste, celui de Throwing Bricks et sa noirceur.

Le groupe originaire d’Utrecht vient de balancer un pavé avec son gigantesque What Will Be Lost. Troisième opus pour ce groupe qui trouve ses marques en envoyant toute vie en Enfer. Le propos est très alambiqué de par toutes les influences diverses qui peuplent la galette. Le chant est purement post black, ce sont surtout les compositions qui vont jauger les styles appliqués. Et contrairement à ce que dit le titre, rien ne sera perdu, ni oublié.

Mais d’abord, attardons-nous sur ce visuel glauque et hyper travaillé. On le croirait minimaliste, relativement simple. Pourtant, il y a un nombre de détails assez conséquents. Regardez bien autour du visage. On a compris que l’ambiance sera noire et proche du black.

« What Will Be Lost, Won’t Happen Again » nous ouvre les portes sur une sorte de post metal accompagné d’une voix éthérée typiquement post black. Le mélange des genres fonctionne à merveille. On ne pourra se retenir de headbanguer sur « The Day He Died ». Ce titre me fait furieusement penser à du Amenra, avec un excellent solo de clôture qui évite justement de tomber dans la copie. L’influence est là, mais Throwing Bricks possède son identité. Il le prouve sur le très post black « Constant Failure » aux relents Deafheaven avec son blast et son jeu aérien. Je tripe complètement par ces mélanges de morceaux, on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Un larsen intense lance « Ceremony », drone ou noise, on ne sait pas trop, mais ça t’écrase contre le sol et t’empêche de te relever. Une sorte d’interlude à la limite blasphématoire. Primitive Man ou Bongripper peuvent aussi te balancer ce type de morceau, la souffrance est une note interminable. On sent le sang dans nos veines. Ils se mélangent pour former ce « Patterns Rise », aux frontières du chaotic hardcore et du post metal. Oui vraiment quelque chose dans l’approche me ramène à Amenra alors que cela n’y ressemble pas du tout, c’est purement indescriptible. Mais tellement intense. Le martial « Glass Queen » nous envoie presque dans des contrées industrielles avec ce force et cette puissance dévastatrice et ce riff qui reste dans le crâne. Et quel final au bout de ces deux minutes trente.

Après une telle décharge, le groupe nous permet de respirer un peu sur « Galling », le titre le plus atmosphérique de cet album. De nouveau, c’est inattendu et montre une autre facette de leurs univers. Avant que le chant ne nous rappelle que nous sommes là pour expier nos pêchés. On le vit avec le chanteur. Vraiment. Le morceau se termine en force et en vitesse. Le dernier morceau se présente déjà et nous n’avons rien vu venir. « Ready To Fall » nous fait comprendre ce qu’il se passer en balayant en quatre minutes, l’expérience que nous venons de vivre. Le final est à l’image de l’opus dans sa globalité : immense.

Ce troisième album démontre toute la force d’un groupe qui a trouvé son style et ne veut pas juste te balancer un énième album de post black. Non, au contraire, il l’agrémente, il lui donne diverses directions et montre que rien dans ce monde et sur cette Terre, rien n’est figé et peut être malléable. Sa force réside aussi dans sa capacité à proposer une œuvre avec un fil conducteur mais en l’exploitant à plusieurs sauces. En tant qu’auditeur, on ne se lasse jamais et on veut aller au bout. Et là, je reviens sur ce que je vous disais en début de chronique : Rien, absolument rien, ne sera perdu. En avant pour découvrir les autres albums.

  •  Tiph
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Sons Of A Wanted Man – Kenoma https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/07/sons-of-a-wanted-man-kenoma/ https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/07/sons-of-a-wanted-man-kenoma/#respond Tue, 07 Jul 2020 05:42:16 +0000 https://www.nmh-blog.be/?p=6562 Avec cette chronique, je dois avouer, je me lance dans un exercice périlleux. Ecrire sur un groupe dont vous connaissez les membres personnellement et que vous appréciez tant humainement que musicalement, et tout cela sans tomber dans le « clientélisme », c’est un exercice difficile. D’autant plus que j’ai organisé leur tout premier concert en Wallonie en 2017 et fait près de deux heures de route pour me rendre à leur release party dans les fins fonds de la Belle Flandre en février dernier (oui j’aime la Flandre et le crie à qui m’entend).

À mes débuts pour NMH, les SOAWM ont été l’un des groupes qui m’est venu à l’esprit de chroniquer. Mais la lourdeur de la tâche me faisait peur, je craignais de tomber dans le cliché « Ouais ce sont ses potes le type » etc, tout le tralala. Donc j’ai mis de coté en attendant le bon moment. Maintenant que Kenoma a cinq mois, plusieurs écoutes et surtout, de nombreuses sessions d’écritures sur divers albums et genres (Guillaume, je ne te remercierai jamais assez), le bon moment est venu pour en parler avec suffisamment de recul et me rendre compte qu’il faut accepter l’évidence : Kenoma est une perle et véritablement appelé à devenir un classique dans le post black, peut-être même à une échelle qui les dépasse encore. Cet album va mûrir et prendre de la bouteille tant il est taillé dans le roc.

Preuve en est : le label Les Acteurs de l’Ombre n’a pas hésité à les signer et ainsi va propulser leur carrière après ce putain de confinement à la con (coucou Sophie) sur la scène européenne. Après trois EP’s d’excellente facture très shoegaze, dynamique et alambiqué, les Fils de l’Homme Recherché (avouez ce nom de groupe est purement exceptionnel bordel), Kenoma, leur premier album studio donc, élève le niveau encore de quelques degrés dans la violence, la puissance et l’émotionnel. Rien n’est calculé mais tout est maîtrisé et sur scène, c’est une mandale pas possible dans ta gueule mon vieux, je te promets (Le sel aux baisers de ma bouche…ah merde non mauvaise chronique, désolé).

Credit: Horns Up

L’éponyme « Kenoma » démarre en puissance et violence inouïe et Jan Buekers envoie la sauce directement au chant, qui n’est pas sans rappeler George Clarke de Deafheaven. Très criarde, mais elle peut aussi se faire très rauque si la composition le requiert. Onze de minutes pendant lesquelles la batterie part dans tous les sens et les riffs sont acérés comme des couteaux. Bien que démarré en force, le groupe prend le temps d’installer son rythme et va nous faire headbanguer sévère et nous faire frémir sur le passage guitare/voix. « Serpertine » et « Amor Fati » précédemment sortis en 2018 sous forme de mini EP’s indiquant la direction prise par le groupe reste dans cette veine en plus condensé mais toujours avec ce niveau d’intensité, rarement atteinte par un groupe belge (désolé pour les autres les gars, mais je reste objectif et sincère pourtant).

« Canine Devotion » introduit Isa Holliday (Slow Crush, allez écouter c’est à tomber bordel) où on se croirait dans une ballade post black (la première véritable ?) un peu à la Belle et la Bête. Une voix angélique d’un côté, le monstre de l’autre. Les deux voix cohabitent ensemble dans l’harmonie. C’est superbe, pas d’autres mots. « Under The Lightless Sky » envoie un post black mid-tempo imparable avant l’accélération typique du genre. C’est aussi un bon morceau pour apprécier la palette vocale au chant et un superbe solo aérien. Je l’ai écouté déjà plusieurs, les frissons me parcourent toujours autant. Il ne reste que l’excellent « Absent », autre single présenté par le groupe en promo avant la sortie, assez proche de Deafheaven (D’ailleurs les SOAWM ont ouvert pour eux au Trix à Anvers, la consécration !!).  Rythmé, dense, il s’en dégage une aura qui me ramène également aux excellents Néerlandais de An Autumn For Crippled Children. C’est pur, le chant est compréhensible dans le marasme sonore. On ne peut que rêver sur cet album. Le drone « Pleroma » conclut l’opus. Une indication de la suite des événements pour le groupe ? En tout cas, une manière agréable de terminer l’album après ce déluge, ce torrent que nous venons de vivre.

C’est indéniable, je vous le disais, cet œuvre a le potentiel pour aller très haut. À noter également que le jeu de batterie de Kevin Steegmans est absolument démentiel, tant en studio que sur scène, on morfle à chaque morceau. Ajoutez à cela, un visuel très travaillé, plein de détails et intéressant à regarder sous toutes ses coutures et dans tous les sens, vous obtenez à coup sûr l’un des meilleurs albums d’un groupe belge en 2020 et peut-être en Europe. Bon, ok, je vous le concède côté objectivité, je ne mène pas vraiment large. Mais écoutez-le par vous-mêmes et vous comprendrez qu’aucun de mes mots n’est surestimé.

Bonne écoute

  • Tiph
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MONTECHARGE – Demons Or Someone Else https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/05/montecharge-demons-or-someone-else/ https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/05/montecharge-demons-or-someone-else/#respond Sun, 05 Jul 2020 05:50:47 +0000 https://www.nmh-blog.be/?p=6583 5h19, dimanche matin. Nuit difficile dans la suite des angoisses. Mal qui me ronge et nécessite l’expiation. Malgré l’heure matinale, il faudra de la violence pour faire sortir l’abominable cerbère qui se nourrit de mon anxiété. Et je ne sais plus ce que j’ai dit, d’ailleurs je n’ai rien dit.

Toujours est-il que j’ai récemment reçu cette bombe en retardement (oui vous avez bien lu) déjà écoutée deux fois de manière un peu évasive ces derniers jours et n’attendait que son tour pour se faire mettre en texte, en provenance de Suisse (Tiens donc, nouveau terroir ce pays, réellement), répondant au nom de MONTECHARGE. Un premier album alors que le groupe en est déjà à treize années d’existence. Quelques EP’s çà et là avant un premier vrai album, paru en 2019. Mysticisme se présente à vous.

Vous l’aurez remarqué, mon écriture est bizarre. C’est tellement cet opus lance des décharges implosives dans mon cerveau que les phrases s’organisent de manière abrupte au sommet de mon crâne. J’avais besoin de violence pour donner du sens à mon mal. J’ai 36 minutes pour discuter avec mes démons ou quelqu’un d’autre et leur demander de partir ou de s’installer confortablement dans le fauteuil de ma conscience.

Si pour vous aussi Converge est une source d’expiation plutôt que tout exploser autour de vous, MONTECHARGE va répondre à vos critères. Un pur concentré de haine et rage directement expulsé en pleine gueule, tant pis si ta tête est sur le passage. Les décharges implosives ne laissent strictement aucune chance à l’auditeur et il n’est même pas question d’ignorer ses démons ou ce quelqu’un d’autre. D’ailleurs, je me demande, qui est-il ce quelqu’un d’autre ? Ce visage sur le visuel, dont on devine l’humanité éteinte depuis longtemps ? Ou serait-ce l’un de ses démons ? Dans tous les cas, il ou elle va s’adresser à nous. Et son unique but est de détruire absolument tout. Huit bombes vont nous exploser à la gueule durant ce Demons Or Someone Else. Il ne reste pas grand-chose de nous à la fin. Ou bien un fragment de visage peut-être ? Je tiens peut-être une théorie.

Crédit: Isabelle Nikles

Pour cela, les bombes seront nommées via une suite de nombre en évolution depuis le début de l’existence du groupe. Pas forcément dans l’ordre bien entendu, ce serait trop facile. On est loin du « I », « II », « III », « IV » et ainsi de suite. Non, tous les morceaux sont mélangés et pas forcément de manière logique. Ils sont disséminés, même sur les trois premiers EP’s, un peu comme si l’une des bombes nous avait explosé en pleine tête et nous avait éparpillé en multivers. Cela augmente dans les nombres, c’est la seule suite logique. Ceci dit, quelque chose me saute aux yeux en analysant les titres depuis 2007 : il n’y a ni piste « I », « IV » ou « VI » sur aucun d’entre eux. Seules trois interludes numérotées « Atone I, II et III » qui composent étrangement un six en les additionnant. J’ai fait l’expérience de les écouter toutes les trois de suite. Perturbant. Faites de même après avoir écouté plusieurs fois l’album.

Vous l’aurez compris, j’ai laissé mon instinct guidé cette chronique, sans citer de titre, tant le son de MONTECHARGE parle de lui-même. On est dans le hardcore chaotique avec des pointes d’expérimentation dissimulées un peu partout sur l’album (au casque, c’est un régal total). Il ne nécessite aucune description, il se déglutit seul dans la haine et se réclame exutoire, énigmatique, mystérieux, étouffant et malsain, le tout en un seul être, ce démon ou ce quelqu’un d’autre. Ce titre et ce visuel me perturbent, j’aime être sorti de ma zone de confort. Cet album vient de m’occuper durant près de deux heures pour essayer de chercher un sens là où il n’y en a peut-être pas. Le genre d’album qui obtient la pérennité tant il laisse des traces, des questions, des doutes ou encore des théories, comme développé ci-dessus. Il y en a peut-être même d’autres cachées ou à venir, à analyser autrement aussi.

Un titre hurlé en français, « XVI Cernes Profondes », à mettre en avant cependant, dont le timbre de voix n’est pas sans rappeler Thomas Thirrion (AqME) tant c’est agressif et impulsif. Cela me ramène à de bons souvenirs à une époque où j’étais un peu moins cinglé que maintenant. En apparences. En attendant, prenez les sept autres bombes de cet opus également et aller les jeter sur votre anxiété ou ce qui vous empêche de respirer ou vivre. Et tant pis si celui-ci ou celle-ci respire également. Inspirez, expiez, expirez. Appuyez sur le bouton. Ou la gâchette. C’est selon.

Bonne écoute

  • Tiph
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Vile Creature – Glory, Glory! Apathy Took Helm https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/04/vile-creature-glory-glory-apathy-took-helm/ https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/04/vile-creature-glory-glory-apathy-took-helm/#respond Sat, 04 Jul 2020 05:14:44 +0000 https://www.nmh-blog.be/?p=6536 Un visuel immonde et ragoutant, haut en couleurs et surtout une véritable photo, troublante, travaillée et intrigante. Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de découvrir l’univers des Vile Creature, originaires du Canada et qui publiaient Glory, Glory ! Apathy Took Helm il y a à peine quelques jours. Et le moins que l’on puisse dire au vu de l’artwork, comme du contenu, est que nous avons affaire là à une œuvre pure et viscérale .

Troisième album signifie souvent maturité et assurance. Vic et KW, les membres de Vile Creature, n’en manquent clairement pas. Ils proposent à travers cet opus une descente au tréfond de leurs organes, à moins que ce ne soit ces derniers qui viennent à nous tant on a le sentiment que les deux artistes vomissent toute leur haine et leur mal-être en pratiquant un doom sludge proche de ce que Thou offre avec leur identité et leur son. Mais l’idée reste la même : expulser le mal, laisser son âme parler en utilisant les corps et l’expérimentation, la recherche de la note la plus grasse, la plus lourde, la plus noire.

C’est d’ailleurs d’entrée qu’on plonge dans le marasme avec « Harbringer of Nothing », balançant un riff écrasant sur une voix éthérée au possible. Un doom sludge me ramenant aux excellents Phantom Winter en Europe par exemple. C’est glacial, mais on se sent cerné de flammes. Le paradoxe est envahissant et s’insurge dans les veines. On ne veut plus bouger tant on a peur, mais on en redemande. Le mal se répand encore plus insidieusement sur le plus atmosphérique « When The Path is Unclear », seconde piste de plus de dix minutes. Le groupe nous emmène dans notre subconscient pour essayer d’y apercevoir notre véritable personne. Ce que j’y trouve est innommable. L’envie de hurler et tout détruire autour de moi est forte. Retiens-toi Tiph.

You Who Has Never Slept” est annoncé comme s’il fallait tourner la face du vinyle pour poursuivre l’expérience. Le rythme est plus martial et les deux artistes trinqueballent ma carcasse où bon leur semblent. C’est très noise avant de démarrer sur un sludge très lourd et malsain. Il suffit de laisser son corps s’emporter avec le rythme. À haut volume, tout tremble autour de moi, la fin s’annonce démentielle si on reste dans cette lignée. Et elle l’est.

Pour terminer son œuvre, Vile Creature a inclus un mini EP dans son album en divisant le titre en deux morceaux connectés l’un à l’autre. Vous pouvez regarder cet extrait dans le noir complet, il en prend toute son essence et sa puissance. Quatorze minutes durant lesquelles nous aurons du drone, de l’atmosphérique et du chant. Le début rappelle un peu Chelsea Wolfe ou Myrkur pour tomber dans les entrailles d’une secte meurtrière, où l’Humain n’est que cendres et futilités. C’est un rituel de quatorze minutes qui conclut cet opus. Les chœurs sont purs et oppressants. On est absorbés totalement et on redemande à chaque larsen. Jusqu’au silence qui s’abat une fois terminé. J’en reste retourné, mal dans ma peau et pourtant, j’ai fait comme eux : j’ai expulsé un mal de ma peau.

De nuit à la lueur d’une bougie, cet album est un hybride où la lumière ne filtre jamais. Cette bougie n’existe que dans notre tête, elle est notre seule bouée de sauvetage, mais à quoi bon, si couler dans le néant au son des Vile Creature est tant attirant ? D’une simple pression des doigts, j’éteins cette flamme et replonge dans ce monstre onirique et écrasant.

Bonne écoute

  • Tiph
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OHHMS – Close https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/02/ohhms-close/ https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/02/ohhms-close/#respond Thu, 02 Jul 2020 07:35:18 +0000 https://www.nmh-blog.be/?p=6552 Sous ses airs inoffensifs, le sympetrum noir (autrement appelé libellule) est en réalité un prédateur à son échelle et dont la vie éphémère prend court entre la mi-juin et fin septembre. Durant ce laps de temps, elle mène une vie près des étendues d’eau et à la fin de cette vie, y laisse ses œufs à éclore à la prochaine saison. Si on analyse le cycle, avoir une vie aussi courte doit être d’une intensité extrême.

C’est un peu le constat similaire que je dresse à propos de ce Close, quatrième sortie des Anglais de OHHMS. En six années de carrière, c’est déjà leur cinquième album qui vient de paraitre chez Holy Roar Records il y a à peine quelques jours. Première remarque est donc que cet opus voit le jour au même moment que le retour des libellules. La vie de celle-ci étant courte, l’album ne dure qu’une trentaine de minutes. Et pourtant, nous allons vivre une expérience riche en puissance et une démonstration de maîtrise.

OHHMS, c’est toute l’essence d’un Mastodon et d’un Neurosis pour créer une chimère progressive en mutation constante. La compression des genres jusqu’à l’éclosion de l’insecte écrasant, cathartique, qui va vivre ses émotions à pleine vitesse. Oscillant entre post metal et sludge (assez progressif), morceaux plus longs et très courts, Close est un délice pour les amateurs des groupes précités dans ce paragraphe.

S’ouvrant sur « Alive ! », le sympetrum prend forme et vie. Doucement dans sa chrysalide, il perce son trou, un liquide saumâtre s’en échappe. Soudain, la conscience que l’on existe donne lieu à la première explosion. Le réveil est amorcé et on le vit à pleins poumons. Il n’a pas le temps de s’attarder car la mort est déjà proche. Après l’interlude « ((Flaming Youth)) » où le corps, lui, brûle déjà et il cherche à se reproduire dans l’atmosphère d’un été chaud, « Revenge » annonce la couleur d’un moment long en intensité pour la brève survie, bien vaine pourtant. Mais n’est-ce pas là le but de la vie ? La vie à fond et ne pas en perdre une seule nanoseconde ? Nous avons neuf minutes pour en saisir le sens alors que notre sympetrum sans patte (je parie que vous ne l’avez pas remarqué) cherche toujours à laisser une trace de lui dans ce monde avant la pourriture de son être. Alors, il y va à fond, il respire et tant pis si la toile d’araignée est sur son chemin. Trip assuré mon gars, ce final !

« ((Strange Ways)) » nous emmène au crépuscule du jour. En août, quelque part par là. Il ne faut plus traîner, les interludes sont courts dans ce marais. Un « Destroyer » inspiré par Mastodon, progressif dans l’âme, emmène notre sympetrum vers des endroits où seule sa voix possède un écho. Il faut plus que vivre l’instant désormais, la folie le guette, il n’a toujours pas trouvé une compagne pour laisser sa marque. Sur « Asylum », il se perd dans le rythme violent pour mieux tomber. La chute sera dure, courte et sensorielle.

Le jugement dernier est arrivé. Septembre n’est plus l’aurore mais bien la fin. Il est trop tard pour satisfaire son but. Désormais, il ne reste plus qu’à suivre son instinct et apprendre à mourir. Mais cela ne sera pas sans un dernier coup d’éclat. Violence et puissance se mêlent pour appréhender mieux le grand final. « Unplugged » se construit pour détruire toute trace mais pour partir l’esprit sain. La confession est libératrice et salvatrice. Le sympetrum se meurt dans la dissonance et un cycle qui ne reprendra pas avec lui. Doucement, il s’éteint et son corps dans l’abîme du marais. Il est parti.

Close est une œuvre philosophique, libératrice, salvatrice, où la rédemption et l’aura se rencontrent pour former cette libellule noire, libre comme l’air mais avec ses déboires et amertumes. Sa violence et sa maîtrise de soi. Ses envies et folies. La puissance atteint son paroxysme sur « Revenge », composé comme le centre de la vie du sympetrum. Et non, je ne suis pas encore défoncé et oui, le sympetrum existe. Une superbe découverte. À votre tour désormais.

Bonne écoute

  • Tiph
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KØDE – Discrete Transformation https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/01/kode-discrete-transformation/ https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/07/01/kode-discrete-transformation/#respond Wed, 01 Jul 2020 05:30:03 +0000 https://www.nmh-blog.be/?p=6503 C’est décidé. Je vais préparer mon sac et je pars vivre en Suisse. Après toutes les récentes chroniques que nous vous avons proposées sur les formations helvétiques, nous venons en ajouter une qui a du chien ! et un chien méchamment sexy, rock’n roll et qui sent la poudre à plein nez !

Les excellents Køde, originaires de Lausanne, ont balancé leur premier album dans le dernier trimestre 2019. Un EP prometteur en 2018 laissait entrevoir que du bon. Discrete Transformation n’a rien de discret, contrairement à son appellation, il envoie du bon en transformant parfaitement son essai. Avec NMH, on ne peut pas tout choper tellement la diversité et la qualité sont présentes dans tous les styles. Nous vous proposons aujourd’hui un petit retour en arrière sur une galette haute en couleurs, en contradiction totale avec son visuel, pourtant superbe, entendez-moi bien.

Køde, c’est un concentré garage rock aux accordages assez lourds type postcore avec une voix qui ferait tomber plus d’un amoureux à la première seconde. Imaginez un peu les Kills en version plus dure, mêmes intentions que dans la sublime voix d’Alison Mosshart. Ajoutez à cela des très grosses pointes de noise et de post punk pour agrémenter le tout, vous obtenez ce Discrete Transformation.

Alors, quand je vous disais que le contenu est ambivalent au visuel, jetez un œil au clip génial « Heloise », invitation à faire la fête, quelque soit notre apparence, notre âge, notre orientation sexuelle, nos envies ou encore nos sens contraires. Rien que là, je vous trouve un lien avec la pochette, c’est pas beau ça ? Ce titre peut ravir tant les amateurs de rock que ceux des dancefloors, hyper fédérateur. On embraye sur du garage rock un peu à la The Kills justement avec « Time » plus soutenu et plus dirigé gratte. En même temps que j’écris, mes épaules se trémoussent et j’ai le sourire aux lèvres. « Stars » est plus lancinant, plus mélancolique et démontre une autre facette du groupe. Dans tous les cas, on tripe. De nouveau, la production du disque est parfaite, chaque instrument est parfaitement balancé et dégage une atmosphère chaude. Sur chaîne Hi-Fi, ça envoie sévère.
Même quand le propos se veut plus psyché, les compositions gardent une véritable puissance. Preuve en est avec le Stoner « Small Little Pieces », qui laisse la voix de Saskia à l’avant plan et lui offre de la résonance tout en gardant la puissance des guitares. Mon petit cou se balance. C’est bon tout simplement.

La basse ronronne comme un gros chat repu sur « Let It Go », aucune comparaison avec La Reine des Neiges s’il vous plaît (j’avoue, elle est naze). Dans une moindre mesure, cela me rappelle les excellents Room Me en moins dark. Enfin quoique… Vous en ferez votre opinion en écoutant cela non ?
« Kanzeon », titre le plus long de l’opus, nous plonge dans des méandres plus expérimentaux avec un travail de fond hyper important. Je vous le conseille au casque pour en saisir toutes les nuances. C’est un peu comme si Raketkanon calmait son tempo avec toutes ses élucubrations. Comment diraient les jeunes, c’est chill (enfin, je ne sais pas comment ça s’écrit, on s’en fout, ça se vit, ne s’écrit pas).
On repart sur des compos plus courtes pour se diriger vers la fin et donc plus rapides. Les très grunges « On Your Side » et « Fire » nous envoient un Nirvana 2020 sous acide mais en mieux, plus gras. Ça me rappelle un peu Toybloïd également, le groupe de la nièce de Nicola Sirkis (Indochine).
La voix de Saskia est une nouvelle mise en avant sur l’inquiétant « Water ». Elle a la capacité de t’emporter sans même réellement écouter les paroles, ma tension a baissée et me calme. Sentiment plus qu’agréable, je dois l’avouer.
On conclut avec « Pointless Fights Are Colors ”. Tout en finesse et une touche très ninetie’s pas déplaisante du tout. L’intensité va monter tout au long du morceau pour se finir sur un trip noisecore où chacun fait ce qui lui plaît. En live, ça doit envoyer sévère.

Encore un moment de qualité passé avec un groupe issu de la scène suisse. Sincèrement, nous devrions voir dans quelle mesure il serait possible de proposer une soirée NMH avec la Suisse à l’honneur, tant ce pays devient une source importante d’approvisionnement pour nos chroniques (Notre rédacteur en chef chéri de tous, je m’adresse à toi, nous en parlerons).
En attendant, Superbe album de Køde, sincère, festif, dansant, lourd quand il le faut, naturel et laisse entrevoir que du bon pour l’avenir. Et pour couronner le tout, cet album est à votre disposition en téléchargement libre sur leur Bandcamp. C’est pas beau ça sérieux ?

  •  Tiph
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A.A. Williams – Forever Blue https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/06/30/a-a-williams-forever-blue/ https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/06/30/a-a-williams-forever-blue/#respond Tue, 30 Jun 2020 05:11:32 +0000 https://www.nmh-blog.be/?p=6599 Difficile d’imaginer que Forever Blue n’est que le premier album d’A.A. Williams. Sorti originalement en 2018, puis réédité avec quelques morceaux supplémentaires en 2019, son premier EP sobrement éponyme dégageait déjà l’aura d’une musicienne affirmée. Ajoutez à cela une collaboration avec rien de moins que MONO et des tournées avec de grands noms du post-rock tels que Cult of Luna, Explosions in the Sky, Russian Circles… et vous comprendrez que A.A. Williams s’est rapidement créé une place dans l’univers musical de la rédaction, et que nous anticipions Forever Blue depuis son annonce.

 
La musique de l’artiste, pour ceux qui n’ont peut-être pas encore eu l’occasion d’écouter le susmentionné EP, emprunte à la fois au post-rock et au post-classique, sublimés par la voix hantée de Williams, mais n’a rien a envier non plus à la sensibilité d’un Radiohead. Guitare, violoncelle et piano sont autant d’instruments joués par l’artiste, accompagnés de la basse de son mari Thomas Williams, au service de compositions à première écoute suffisamment dépouillées que pour être quasi-instantanément retenues et fredonnées, mais pourtant complexes et travaillées, laissant à l’auditeur chevronné le loisir d’en déceler toutes les subtilités.
 
De ces morceaux émane une sérénité, l’impression que Williams a vécu plus que ses années ; mais pourtant point de défaitisme à l’horizon, plutôt le froid optimisme de celle qui a déjà percé les secrets de l’univers. Forever Blue n’en est pas pour autant tonalement homogène, car chaque pièce du puzzle possède sa propre nuance de bleu, qui ne sera pas forcément appréciée tant que l’auditeur ne se laissera porter que par la mélodie principale : le chant de Williams qui, comme celui de la sirène des mythes, a le pouvoir de faire disparaître la raison.
 
Sur « Love and Pain » par exemple, chaque note de basse suit paresseusement la suivante, gratifiant au titre des effluves de désert Américain, avant de se transformer quand rugit le premier refrain. Cette sérénité reste toujours prépondérante, même lorsque les guitares s’électrifient. Ces quelques moments où l’intensité grimpe, puis explose, sont d’autant plus efficaces qu’ils sont contrastés de retenue sur le reste de l’oeuvre.
 

La variété des compositions tient également des invités, en l’occurence de trois voix masculines, présentes sur autant de morceaux du milieu de l’album. Chacune de ces participations apporte une touche différente à l’ensemble, qu’elle soit relaxée, ou, dans le cas de Johannes Persson sur « Fearless« , terrifiante. A noter que jamais ces interventions ne détractent du chant féminin, ce qui doit être imputé à une autre grande qualité de l’album : son excellent mix, particulièrement entre la voix et les instruments.

Forever Blue prouve donc, s’il le fallait, que le relatif succès fulgurant de Williams ne relève en rien du hasard, mais vraiment du talent inépuisé de l’artiste multi-instrumentaliste. En ces heures troubles où l’avenir est incertain, une chose est néanmoins sûre : nous n’avons pas fini d’entendre parler d’A.A. Williams.

  • Anthony
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Maserati – Enter The Mirror https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/06/28/maserati-enter-the-mirror/ https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/06/28/maserati-enter-the-mirror/#respond Sun, 28 Jun 2020 04:12:42 +0000 https://www.nmh-blog.be/?p=6504 Des fois dans ta vie, tu ne comprends rien à ce qu’il t’arrive. Un coup tu as besoin de doom sludge ultra lourd, un autre tu as besoin de post metal gras et parfois tu as besoin d’un bon darkjazz. Et puis, tu as envie de quelque chose de différent mais tu te sens incapable de l’identifier. Alors tu attends, tu glanes à droite à gauche. Et totalement par hasard, tu tombes sur un groupe au nom d’une marque de bagnole. Je ne suis pas du genre à juger un livre par sa couverture mais je reconnais être décontenancé. Un groupe qui répond au nom de Maserati ne semble pas crédible, bien que d’entrée de jeu, le logo du groupe défonce. Tu écoutes quand même grâce à cela. Et là mon ami, tu te manges UNE BAFFE mais genre que tu ne la comprends pas d’où elle vient !

Sixième album des Américains si on suit leur Bandcamp. Enter The Mirror est une tuerie post rock mêlant beaucoup d’éléments électroniques super dynamités, puissants, rythmés et totalement déjantés. Imaginez le crossover : du post rock à la sauce Kraftwerk, bourrés de solos claviers et du chant électro version années 80, sur une rythmique complètement prenante, qui sait se faire puissante voire lourde si nécessaire. Strangers Things qui a bouffé du K-2000, ça te renvoie à Maserati. L’album est démentiel.

Le groupe dans toute sa splendeur

« 2020 » nous situe l’année, les voitures volent dans le ciel et n’importe quel crétin peut se croire pilote d’avion. Kent Ucky d’ailleurs, notre crétin (avoue, elle est à chier) doit aller chercher sa gonzesse pour l’emmener au bowling, Le MAZE R’ ATEE (avoue, elle est encore plus naze) dans cet univers revenu 40 ans en arrière mais toujours avec la technologie de notre époque. Kent se lance à bord de son bolide sur « A Warning in the Dark » mais sa fiancée Toy Yota (Elle vient du Japon la conne et je sais c’est mauvais) a disparu. Da Fuck shit merde faut la retrouver quoi ! Kent remonte dans son bolide à fond la caisse les propulseurs en écoutant « Der Honig », THE FUCKING CLAQUE OF THE WORLD que toute la jeunesse se passe en boucle, y’a putain de tout sur ce titre. Electro, rock, post ? Des mots tout ça hein. Il la cherche et n’a d’autre choix que de passer de l’autre côté du monde. « Welcome the Other Side » !!!!! On nage en plein délire épique. La conne a été enlevée par David Hasselhof, celui-là même qui conduit K-2000, t’es foutu mon salaud, elle t’a quitté, elle en aime un autre. Tu te sens vide, tu te sens « Empty » mais la tristesse dans ton monde ça n’existe pas !

On rebondit sur ses pattes et on repart sur le MAZE R’ ATEE et on va se terminer au bar des poivrots sur « Wallwalker », plus psyché que ça, tu es sous champi. Et devine sur qui tu tombes ? Sa pote coréenne Hyu Die (je plonge six pieds sous Terre, laissez-moi tranquille). Au premier regard, tu l’aimes mon vieux. Et elle aussi. La vie va commencer en s’enfuyant avec le bolide à deux en entrant dans le miroir. Mais où mène-t-il ? Bonne Chance Kent et Hyu! Because You Can ( bouaaaah, avoue tu l’as pas sentie venir celle-à).

Je n’avais absolument pas calculé cette mini mini mini nouvelle. Je viens de l’écrire en écoutant les 38 minutes de cet album hyper pêchu qui plaira à fond aux inconditionnels des années 80, de post rock et des ambiances aux claviers prédominants. J’ai pris un pied phénoménal à écrire cette chronique et écouté l’une des toutes grosses releases de 2020. Alors, un conseil : pose ton sac, enfile des bas collants, ton jeans troué et file écouter Maserati au MAZE R’ ATEE.

Bonne écoute

  • Tiph
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Jarboe – Illusory https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/06/26/jarboe-illusory/ https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/06/26/jarboe-illusory/#respond Fri, 26 Jun 2020 04:02:37 +0000 https://www.nmh-blog.be/?p=6492 Illusoire. Irréel. Dévotion. L’approche la plus sensible et la plus subconsciente possible. Toucher au divin, toucher à quelque chose qui n’existe pas. Toutes ces notions s’appliquent à la musique que Jarboe crée depuis près de trente ans. Ce qui est bien dommage est que seul son travail avec Neurosis en 2003 a percé dans nos contrées pour le commun des mortels. Je l’avoue, moi-même sans cette collaboration, peut-être n’aurais-je pas eu vent de son travail. Et j’aurais manqué quelque chose.

Douzième album solo pour l’auteure compositrice américaine, qui expérimente à chaque opus, une facette précise de sa personne, de ce qui l’entoure, de ses émotions, ses perceptions et ses envies. Pour décrire son univers, imaginez un croisement entre celui de Chelsea Wolfe avec des sonorités plus proches de PJ Harvey, Lingua Ignota ou Pharmakon dans ses délires les plus froids, pour ne citer qu’elles. Les deux extraits que nous vous proposons devraient aussi effleurer les fans d’Amenra. Noirceur de l’âme ou reflet du monde ? Nous avons désormais 36 minutes pour s’en faire une idée. Mais nous serons dans le flou à la fin de ce superbe opus, comme la toupie à la fin d’Inception. Chacun s’en fera son concept. Illusory est plus qu’un concept. C’est une métaphore entre le rêve et l’irréel (oui, vous avez bien lu).

C’est tout du moins le ressenti que j’éprouve à l’écoute de l’éponyme « Illusory », qui nous plonge dans le vif du sujet, avec une ambiance qui n’est pas sans rappeler PJ Harvey. Jarboe a un timbre de voix très particulier, mêlant douceur et assurance tout en dégageant une détresse au-delà de tout symbole. Illusoire, Illusoire répète-t-elle plusieurs fois. Comme si l’espoir n’était plus qu’une option. Le combat serait-il déjà perdu d’avance ? Dans tous les cas, « Arrival » nous fera descendre d’un niveau dans l’obscurité. Pour vous situer, repensez à ce sublime EP acoustique d’Amenra avec les trois morceaux passés à l’envers. Comme si nous tournions en rond dans une pièce sans fenêtre. À moins que le sol ne soit la fenêtre ? L’écho nous répond seul (à nouveau, vous lisez bien). Il faut cracher sur le sol pour l’humidifier et creuser plus loin. Nous arrivons dans une « Cathedral ». Des chants font résonner les parois telle une église. Mais sans que l’on comprenne, tout est balayé et les profondeurs de la Terre sont plus proches du ciel que jamais. Mais le ciel n’a aucune couleur. Il est noir comme l’espace infini, humide comme l’océan et ambiant comme la mort. « Flight » est ainsi construit, ce morceau aurait été composé par Lingua Ignota, certains se seraient jetés dessus.

Bref, le voyage n’est pas terminé sur « Into the Arms of Sleep ». On exalte encore un peu plus la situation en faisant croire que le céleste est à portée de main. Il n’est pas, il ne l’a jamais été. Rien de tout cela ne s’est produit. Pourquoi ai-je écrit ça, moi ? Toujours est-il que nous sommes de l’autre côté sur « Nourish » sans savoir où nous nous trouvons. Sommes-nous morts ? Sommes-nous dans un autre univers ? il est probable que l’on soit mort dans un autre univers. Jarboe va tout de même nous offrir une porte de sortie sur « Man of Hate » avec un vrai texte, comme sur « Illusory ». Les textes sont peu présents au final, sur cet album. Cela leur confère une puissance presque dictatoriale. Mais si tout ceci n’avait été qu’une farce, une goutte de l’océan dans un verre d’eau, de la terre dans un pot de fleurs et si la porte n’était pas ouverte et que nous étions enfermés à jamais dans cette pièce sans fenêtre ?

Je vous le disais, cet album est telle une métaphore où le rêve se confond avec la réalité… irréelle. On se pose la question de savoir si oui ou non nous venons de vivre cette expérience incroyable, qui m’a personnellement, emmené très loin dans mon moi profond. J’en sors serein mais inquiet, calme mais oppressé, bien mais mal. Un album de nuit a pris vie dans ce jour. Et quel album !

  •  Tiph
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Olde Rasputin – Expedition https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/06/23/olde-rasputin-expedition/ https://www.nmh-blog.be/index.php/2020/06/23/olde-rasputin-expedition/#respond Tue, 23 Jun 2020 04:54:51 +0000 https://www.nmh-blog.be/?p=6489 Attention, baffe dans ta gueule en approche.

Si tout comme moi, vous désespérez en attendant le troisième album des mystiques B R I Q U E V I L L E, vous avez deux solutions. La première consiste à se repasser leurs deux premiers albums. La seconde, et celle que je vous recommande fortement, est de découvrir les brillantissimes américains d’Olde Rasputin, qui ont sorti Expedition fin 2019, leur premier rejeton. C’est donc un petit retour en arrière que NMH vous propose aujourd’hui. Et croyez-moi, vous ne serez absolument pas déçu.

Olde Rasputin propose un post-metal aux accents drone et doom sludge très condensé, lourd et absorbant. Les morceaux sont relativement longs et demandent une dévotion totale de l’auditeur. Il faut prendre le temps d’écouter Olde Rasputin. Tu n’écoutes pas ça en coup de vent dans ta caisse en allant travailler en gros.

Preuve en est sur « Lost », pavé de près de seize minutes, démarrant sur un long passage de dissonance chamanique. Le rituel peut débuter si tous les participants sont bien installés. Êtes-vous prêts à donner votre sang à la Bête dans la jungle de nuit ? Votre dévouement est requis pour célébrer la messe sombre s’il vous plaît. Cinq minutes sont passées et je suis déjà en transe. Et soudain l’explosion, ce riff doom sludge, mon corps part avec le son. Le trip ne s’arrêtera pas avant la fin de l’album. On se sent dans une jungle si oppressante qu’elle pourrait nous tuer rien qu’en respirant, mais non, nous sommes toujours dans le rituel. On pourra respirer quelques minutes avant un final en puissance divine.

La suite fait part belle à la basse sur « Return ». Sorte de trip acide rythmé et entrainant avant de plonger dans un drone lancinant à la moitié de la composition pour terminer sur la mélancolie. « Signal » se veut plus progressif dans son approche. La composition s’éclaire peu à peu au profit d’un post-metal qui déchire le cou. Le tempo va ralentir et se faire de plus en plus lourd. La psyché en prend pour son grade, le délire me gagne en m’abandonnant de nouveau dans la dissonance.

J’aperçois le bout de chemin de cette jungle menaçante. J’ai donné mon sang à la Bête mais elle en voulait plus. Elle voulait mon âme. Elle va l’obtenir sur le très Stoner Doom « Fading/Away ». Cette composition me ramène à B R I Q U E V I L L E. La course poursuite finale sera haletante et de nouveau, le cou va morfler jusqu’aux ultimes secondes. Je crois pouvoir m’échapper mais non, la Bête me rattrape et fait de ma chaire sienne. Je deviens la Bête à mon tour.

Vous l’aurez compris, j’ai bien déraillé sur cet album très prenant qui comporte d’énormes qualités. Les quatre morceaux proposés par Olde Rasputin sont tous différents les uns des autres, démontrent toutes les influences de ses membres, mais cela ne s’éparpille pas. Le groupe suit sa ligne de conduite et va proposer dans le futur quelque chose de gargantuesque. Peut-être déjà le second album ? J’en suis presque convaincu.

  •  Tiph
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