Post Rock, Post Metal Doom, Sludge, Trip Hop, Prog, Mathrock, Chaotic Hardcore. Des mots tout cela, des étiquettes. Laissez-vous guider par mes émotions. Orienter les vôtres et vous donner de quoi rêver. Planer ou encore vous déchaîner.

Clairement, j’ai besoin de quelque chose de différent ces temps-ci, de me sortir de mes zones de confort. Après toutes ces heures d’écoute de projets tous différents et aussi fantastiques les uns des autres, l’approche plus électronique de certains est peut-être l’un des aspects que j’apprends à redécouvrir réellement sous d’autres angles. Après les excellentissimes Maserati, c’est avec un plaisir certain que je vais vous faire découvrir cette fois les Américains de Zombi.

 

Zombi est loin cependant d’être un petit nouveau. Le groupe existe depuis 2004 et a fourni cinq albums depuis. Pour les connaisseurs, l’univers de Zombi se situe quelque part entre le Synth doom de Vaisseau et le post rock années 80 de Maserati. Le groupe est signé chez Relapse Records, rien que ça. Une tournée de ces trois ensemble et je serais une jouvencelle réclamant la verge pour la première fois (désolé pour l’image imprimée sur vos rétines).

En revenant à mes moutons électriques, c’est au préalable sur le visuel que je m’attarde. 2020 est actuellement une belle année pourrie. Le duo semble avoir opté pour un art proche du post apocalypse mais en conservant le coté électronique, rappelé un peu dans les couleurs, la mise en scène de ces traces de freinage ou de démarrage on se sait pas, un parking en dents de scie et cette tour au loin, qui tranche complètement dans le paysage. Sans oublier la porte ouverte avec la lumière pour descendre dans les tréfonds du parking. Bref, 2020 porte parfaitement son nom, c’est une énigme à résoudre dans le psychédélisme que nous allons vivre. Oserons-nous y aventurer ? Moi, je descends, quoi qu’il puisse m’attendre car je veux atteindre cette tour (observez la pochette s’il vous plaît). Elle semble ouvrir une porte sur autre monde. Mais lequel ?

Le très eighties “Breakthrough & Conquer” semble tout droit sorti de 1986 avec ce clavier si typique. Le mot épique me vient à l’esprit pour le décrire. Avec ce morceau, le groupe nous donne déjà un peu plus quant à un éventuel passage au-delà de la tour. J’ai dévalé les marches et je sors du parking. Je suis face à la tour. Elle est encore plus impressionnante de près mais aussi très inquiétante. “Earthscraper” résonne dans les alentours de l’entrée. Un relent doom et plus lourd se présente à moi. Dans le hall de la tour, il y a une sorte de dès à multiples faces, comme ceux des jeux de rôle. Il étincelle de milliards de couleurs, sa luminosité m’attire comme un quartz. En y regardant de plus près, c’est un quartz d’ailleurs. Le clip résume parfaitement ma vision de la chose.

En franchissant le hall, j’entends “No damage”, toujours ce coté synth doom que j’affectionne tant et me donne envie de prendre cette pierre scintillante en mains. Elle reste inquiétante. Si je la touche, que se passe-t-il ? Tant pis, je me jette à l’eau. Ou du moins dans un passage inter-dimensionnel sur “XYZT” faisant la part belle aux ambiances et claviers. Très atmosphérique. Le voyage est rapide mais pas violent, loin d’être dérangeant même. Vous vous souvenez dans Mario Kart ce circuit en arc-en-ciel ? Je le traverse à la vitesse de la lumière en ce moment même. Le trip est puissant. Au bout du chemin, j’atterris dans une pièce sans fenêtre, noire. Aucune lumière ne filtre autrement que par le sol, via une sorte de pentacle avec cinq points cardinaux d’où s’échappe une fumée épaisse et dorée, avec des nuances de rouge.

Je comprends alors où je me trouve. Cette tour est mon esprit, mon moi, mon subconscient, celui que je pense connaître alors qu’il me connaît d’avantage. Seul moi peut ouvrir une porte, il suffit de me l’imaginer. Elle débouche sur un salon ou est diffusé “Family Man” avec une boule à facettes à la place du lustre. Mais la pièce est vide, l’ambiance est rouge et dénuée de vie. Je voudrais sortir de cet enfer, j’hurle aux fenêtres qui ne donnent sur rien. Me serais-je perdu en cours de chemin ? Je dois impérativement trouver la porte d’entrée, je la défonce de l’intérieur. Ce que je pensais le vide donne sur “Mountain Ranges”, le voyage dans cet esprit qui est le mien n’est pas terminé. Je pensais sortir de la tour. Mais non, des montagnes hallucinées se dressent face à moi. Elles ont des millions de milliards de couleurs, le ciel n’est plus bleu, mais rouge cendré, comme si un feu brûlait en son cœur. Le doom sorti d’un autre temps souffle dans l’air. “First Flower” donne soudain un coté martial à l’air. Il se fait plus étouffant, comme si le danger se trouvait au-dessus de ma tête. Je n’y ai pas songé. Pour arriver dans ce cauchemar, j’ai dû descendre en bas du parking. Pourquoi suis-je venu au fait ? Bref, je m’égare, si je veux sortir de cet endroit, c’est par le fond que je trouverai. Je dévale la plaine en laissant derrière moi la porte de la maison, qui en réalité n’est pas une maison mais une simple porte aux contours violets. Bordel c’est quoi ce délire ?

Au bas près de la rivière, une autre porte, fuchsia cette fois, j’ai vu juste. En touchant la poignée, “Thoughtforms” est diffusé à l’intérieur à travers des hauts-parleurs puissants. Il n’y a qu’une issue, un escalier qui monte. Ce n’est pas logique, si je veux sortir je dois descendre. Et puis ces formes me rappellent que seul moi décide de la fin de ce cauchemar. Alors, je monte, incapable de savoir combien d’étages je peux monter. Mais chaque étage grimpé fait disparaître le précédent. Au bout du neuvième étage, une nouvelle porte, à bout de souffle. Sauf que celle-ci est ouverte déjà. En voyant le ciel qui se dessine, je comprends où j’arrive. Je suis de retour sur ce parking et la Tour, cette fois avec un T majuscule, se trouve dans mon dos.

L’hallucination et l’imagination sont des éléments centraux dans la musique de Zombi. Il faut vraiment se laisser imprégner par l’ambiance comme je viens de le faire à travers ces lignes. Cette vague de synth doom déferlant dans mon petit bureau ne fait que développer mes sens et me motive à écrire d’avantage. Ce 2020 de Zombi est plus qu’un album: c’est une fenêtre vers le subconscient, vers cette tour où chacun y façonnera sa propre démence. Prenez l’escalier et redescendez avec moi, je vous montre le chemin vers le quartz. Vous y ferez ensuite votre voie

Bonne écoute.

  • Tiph

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