Post Rock, Post Metal Doom, Sludge, Trip Hop, Prog, Mathrock, Chaotic Hardcore. Des mots tout cela, des étiquettes. Laissez-vous guider par mes émotions. Orienter les vôtres et vous donner de quoi rêver. Planer ou encore vous déchaîner.

Les Pays-Bas. Le gouda. Le Quartier Rouge. La Beuh, les Coffee, Patrick Kluivert et Dave. Ce sont les noms et mots qui reviennent le plus souvent dans une discussion quand on parle de nos voisins néerlandais. Et bien, ce soir, je vous propose d’ajouter un nom à cette liste, celui de Throwing Bricks et sa noirceur.

Le groupe originaire d’Utrecht vient de balancer un pavé avec son gigantesque What Will Be Lost. Troisième opus pour ce groupe qui trouve ses marques en envoyant toute vie en Enfer. Le propos est très alambiqué de par toutes les influences diverses qui peuplent la galette. Le chant est purement post black, ce sont surtout les compositions qui vont jauger les styles appliqués. Et contrairement à ce que dit le titre, rien ne sera perdu, ni oublié.

Mais d’abord, attardons-nous sur ce visuel glauque et hyper travaillé. On le croirait minimaliste, relativement simple. Pourtant, il y a un nombre de détails assez conséquents. Regardez bien autour du visage. On a compris que l’ambiance sera noire et proche du black.

« What Will Be Lost, Won’t Happen Again » nous ouvre les portes sur une sorte de post metal accompagné d’une voix éthérée typiquement post black. Le mélange des genres fonctionne à merveille. On ne pourra se retenir de headbanguer sur « The Day He Died ». Ce titre me fait furieusement penser à du Amenra, avec un excellent solo de clôture qui évite justement de tomber dans la copie. L’influence est là, mais Throwing Bricks possède son identité. Il le prouve sur le très post black « Constant Failure » aux relents Deafheaven avec son blast et son jeu aérien. Je tripe complètement par ces mélanges de morceaux, on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Un larsen intense lance « Ceremony », drone ou noise, on ne sait pas trop, mais ça t’écrase contre le sol et t’empêche de te relever. Une sorte d’interlude à la limite blasphématoire. Primitive Man ou Bongripper peuvent aussi te balancer ce type de morceau, la souffrance est une note interminable. On sent le sang dans nos veines. Ils se mélangent pour former ce « Patterns Rise », aux frontières du chaotic hardcore et du post metal. Oui vraiment quelque chose dans l’approche me ramène à Amenra alors que cela n’y ressemble pas du tout, c’est purement indescriptible. Mais tellement intense. Le martial « Glass Queen » nous envoie presque dans des contrées industrielles avec ce force et cette puissance dévastatrice et ce riff qui reste dans le crâne. Et quel final au bout de ces deux minutes trente.

Après une telle décharge, le groupe nous permet de respirer un peu sur « Galling », le titre le plus atmosphérique de cet album. De nouveau, c’est inattendu et montre une autre facette de leurs univers. Avant que le chant ne nous rappelle que nous sommes là pour expier nos pêchés. On le vit avec le chanteur. Vraiment. Le morceau se termine en force et en vitesse. Le dernier morceau se présente déjà et nous n’avons rien vu venir. « Ready To Fall » nous fait comprendre ce qu’il se passer en balayant en quatre minutes, l’expérience que nous venons de vivre. Le final est à l’image de l’opus dans sa globalité : immense.

Ce troisième album démontre toute la force d’un groupe qui a trouvé son style et ne veut pas juste te balancer un énième album de post black. Non, au contraire, il l’agrémente, il lui donne diverses directions et montre que rien dans ce monde et sur cette Terre, rien n’est figé et peut être malléable. Sa force réside aussi dans sa capacité à proposer une œuvre avec un fil conducteur mais en l’exploitant à plusieurs sauces. En tant qu’auditeur, on ne se lasse jamais et on veut aller au bout. Et là, je reviens sur ce que je vous disais en début de chronique : Rien, absolument rien, ne sera perdu. En avant pour découvrir les autres albums.

  •  Tiph

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