Contributeur. Photographe et amateur de post-metal.

En 2017 débarquait Tales, premier album d’un jeune combo originaire de Viterbe, petite ville du centre de l’Italie. Un premier album qui, sans révolutionner complètement le post-rock, était parvenu à sortir du lot (et à l’heure actuelle ce n’est pas chose aisée), et ce grâce  notamment à un sacré sens de la mélodie et leur capacité à pondre des titres forts  (« Itai », « The Porcupine Dilemma » ou « Today, Our Last Day on Earth« ). Un album non sans quelques défauts comme (pour certains) une utilisation presque abusive de tremolo pickings, mais avec suffisamment de qualités pour qu’on y revienne encore et encore, et ce même plusieurs années après, et j’imagine que c’est ce qui fait qu’un album est bon ou non.

 

L’édition du Dunk de cette même année 2017 allait permettre au public de découvrir The Chasing Monster sur scène et de confirmer ou infirmer cet engouement pour le groupe. Sauf que plus qu’une bonne impression, leur prestation allait être une véritable révélation pour une bonne partie de ce même public.

Deux années, la sortie d’une version enrichie de Tales et un paquet de concerts à travers l’Europe plus tard, voici donc Errant le nouvel album de nos italiens préférés (chronique garantie sans jeux de mots sur le voyage)

Ce qui va frapper l’auditeur dès la première écoute, c’est trois choses : tout d’abord, l’ « immédiateté complexe » des morceaux, avec des compositions plus longues, presque voire parfois carrément progressives, tout en gardant leur côté hyper efficace. Ensuite, et c’est ce qui va marquer une grande différence avec Tales, c’est l’absence (totale ?) de spoken words, on a affaire ici à un pur album de post-rock instrumental. Enfin, c’est l’énergie dégagée par Errant qui va frapper, si bien qu’à plusieurs reprises on aura l’impression d’être sur un album de post-metal.

Passée cette première impression, en écoutant plus en détails, on a l’impression que l’album est composé de 2 parties de 3 titres chacune, avec un interlude (« A bridge Between« ), titre étant le plus court et le moins intéressant de l’album. La première partie de l’album est globalement superbe, avec un premier titre « Oceano », avoisinant les 10 minutes à l’intro qui me fait me demander si je n’ai pas de problème de bluetooth, son déroulement, très classique, fait parfaitement office de continuité de Tales, tout en annonçant la couleur d’un Errant bien plus progressif.  Le second titre, « Beyond The Fireflies Realm », est quant à lui un petit joyau de post rock, avec sa lente montée en puissance jusqu’à l’explosion, nous délivrant au passage quelques jolies lignes de clavier. Superbe, même si on reste sur des sonorités auxquelles le groupe nous avait déjà habitué.  C’est avec « The Great Climb » que je vais prendre ma première claque, morceau où la basse se fait franchement entendre , tout cela avec une outro fabuleuse.

Je passe rapidement sur « A bridge Between », joli morceau très aérien qui permet de reprendre souffle après une superbe première partie d’album. Et du souffle il va en falloir pour aborder cette seconde partie absolument DEMENTIELLE, partie contenant à mes yeux les 2 meilleurs morceaux  de l’album (et même, soyons fou, de toute la carrière du groupe) « Beneath The Desert » puis surtout « Shambhala ». Sur ces morceaux on va notamment retrouver un superbe travail d’Edoardo au niveau des percussions (avec des sonorités tantôt trip-hop, tantôt tribales voire carrément hypnotiques) ainsi qu’une basse qui ronronne si fort que par moment on a l’impression d’écouter du Russian Circles (si si !).  Les dernières notes de « Shambhala » étant parvenues à nous achever, on se retrouve dans un état où on n’en voudrait pas au groupe de terminer l’album là-dessus.  Raté, The Chasing Monster aura décidé de rajouter une dernière couche (de sable),  nous laissant encore respirer un peu avec, dans un premier temps, une basse se voulant plus lente et moins intense et un retour des sonorités plus mélodiques avant d’asséner un dernier coup final somme toute assez classique mais très inspiré. Final qui vient conclure ces extraordinaires presque 50 minutes.

Au final, comment résumer cette nouvelle petite pépite de post-rock? Je dirais que The Chasing Monster vient de marquer un grand coup et s’affirme enfin, mais sans renier ses influences, et tout en gardant son sens imparable de la mélodie. Le groupe a su corriger les petites erreurs de son précédent album et est parvenu à créer un opus à la fois complexe et hyper mature, parvenant à satisfaire à la fois le fan de post rock, le fan de musique progressive, le fan de metal, et le fan de son plus psyché/stoner. Et ça, c’est très fort.

J’attendais énormément de ce nouvel album mais que je n’osais pas imaginer qu’il puisse être aussi aussi bon. Preuve que le combo italien a de la ressource. Sans aucun doute mon premier gros coup de cœur de l’année.

  • Mats

 

 

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