Chroniqueur cinéphile spécialisé dans les bandes originales de films.

« Picsou, youhou ! »

Qui, né entre 1980 et 1995, ne connaît pas cette petite rengaine entraînante associé à Picsou, l’homme le plus riche (et le plus pingre) du monde ?

Créé par Carl Barks en 1947, Balthazar Picsou (Scrooge McDuck en V.O.) ne fait pas partie de ces personnages qui ont fait l’objet de nombreuses adaptations sur de multiples supports, comme ont eu droit Mickey, Donald et même Dingo (le film Dingo et Max sorti en 1995 *soupir*).

C’est pourtant un tort…

Même si Picsou a bénéficié, à la jointure des années 80 et 90, d’une série animée adaptée très librement des bandes dessinées qui le mettaient en scène.

Très appréciée du jeune public, un épisode plus long de 70 minutes (Le Trésor de la Lampe perdue) est même sorti dans les salles obscures en 1991 pour la conclure.

Mais à part ça, le bilan est assez maigre.

Ce n’est pourtant pas la faute à la popularité sans cesse grandissante du personnage.

Laquelle a eu tout le loisir d’être appuyée par la parution contemporaine de la très populaire œuvre Jeunesse de Picsou, écrite et dessinée de 1990 à 2006 par Keno Don Rosa, digne héritier de Carl Barks.

L’annonce courant 2016 d’un reboot de La Bande à Picsou avait de quoi susciter curiosité, intérêt et inquiétude.

Intérêt car, comme cela vient d’être expliqué, Don Rosa est passé par là et qu’il serait très difficile de ne pas tenir compte de son travail exemplaire et salué de toutes parts.

Inquiétude car il n’était pas à exclure que La Bande à Picsou version 2017 n’aille pas au-delà de ce que proposait la version 1991, à savoir un spectacle très premier degré et jeune public.

Curiosité car il était parfaitement concevable de produire une série sachant marier tout cela, comme Don Rosa a si bien su le faire en instillant plusieurs degrés de lecture à ses cases.

L’attente était donc assez grande, du moins pour l’auteur de ces lignes. Et ce même si une image a circulé sur le net et révélé l’aspect visuel de l’ensemble : épuré et anguleux. Pourquoi pas si c’est pour que l’animation gagne en fluidité, me direz-vous ?

Bref.

L’épisode pilote d’une durée de 40 minutes a été diffusé fin août 2017.

Verdict ? Réussite totale !

Outre un casting vocal parfait en V.O. (curieux de voir ce que donnera la V.F. …), cet épisode s’impose comme un modèle du genre et un exemple à suivre si jamais l’idée vient à Disney de rebooter d’autres séries animées de son catalogue (La Bande à Dingo, Super Baloo, Myster Mask, Tic et Tac : Rangers du Risque, etc).

Des libertés sont prises mais s’avèrent toutes réfléchies et pertinentes.

Donald vit sur un bateau, ce qui justifie sa tenue de marin, et est un oncle aimant mais caractériel et maladroit.

Il s’occupe pour une durée indéterminée de ses neveux, Riri, Fifi et Loulou, qui lui ont été confiés par sa mystérieuse sœur.

Et il semble qu’il y ait déjà un passif entre lui et son oncle Picsou au vu de leurs échanges, ce qui fait diablement écho aux relations familiales tendues que Don Rosa a explicitées dans ses cases de BD (et qui ne peuvent qu’augurer le meilleur pour la suite).

En outre, les trois neveux semblent enfin avoir une personnalité qui leur est propre. Ce que le casting vocal (trois voix différentes) et le nouveau design ne manquent pas de souligner (l’un a une casquette, l’autre un hoodie et le troisième une houppette).

On retrouve également des personnages créés expressément pour la série de 1991 comme l’attachant et maladroit chauffeur-pilote Flagada Jones, l’intendante du Manoir Picsou (Mamie Zaza) et sa petite-fille (Zaza). Tous ont été remaniés pour l’occasion et présentent un capital sympathie indéniable. On saluera l’initiative de faire de Mamie Zaza une intendante posée à fort caractère alors que celle de la version 1991 se limitait juste à être une gentille grand-mère bonne qu’à faire le thé et la poussière.

Et que dire de Picsou en lui-même ? Un sans faute. Merci notamment à David Tennant (que les séries-addicts connaissent surtout comme étant l’un des interprètes du Docteur Who) qui se l’approprie brillamment en terme de voix.

Dialogues, répliques, écriture, animation, humour… Vous l’aurez deviné : on a affaire à une introduction de grande qualité, tant pour les petits que les grands. Les jeunes adultes (pour la plupart les nouveaux trentenaires) ayant grandi avec la série de 1991 auraient tort de se priver du spectacle tant il est évident qu’ils font partie du public visé par cet enthousiasmant reboot.

Croisons les doigts pour qu’un tel niveau se maintienne au fil des aventures, étant précisé que la richesse de l’univers le permettra aisément si les scénaristes restent fidèles à leurs idées de départ.

  • Vincent

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