Chroniqueur cinéphile spécialisé dans les bandes originales de films.

Le 21 juin 2017 consacrait l’arrivée de l’été, la fête de la musique et… la sortie dans les salles françaises de l’adaptation au cinéma de la série culte « Alerte à Malibu » (Baywatch en VO) avec Dwayne « The Rock » Johnson dans le rôle-titre. Alors que les critiques presse ont été sans surprise plutôt assassines avec le métrage, l’ancien catcheur aurait répondu « Normal, le film n’est pas fait pour vous ».

Et il n’a pas tort, le bougre.

Comment prendre au sérieux une production dont le postulat de départ repose sur des MNS (maîtres-nageurs sauveteur) bâtis comme des dieux grecs courir sur la plage au ralenti en maillot de bain rouge saillant ?

La réponse est simple : on ne peut pas.

Le scénario, qui n’aurait pas dépareillé pour les besoins d’un banal téléfilm TF1 ou M6 des années 90 (et pour cause!), ne va pas plus loin que le bout de son nez, au même titre que ses acteurs, tous parfaitement conscients des raisons pour lesquelles ils sont ici.

Dwayne Johnson joue le surhomme, Zac Efron le faux bad boy et les bimbos de service courent au ralenti en maillot de bain flashy, tandis que le gentil gars boudiné et geek se tape la jolie blonde à la fin (vous avez dit « cliché » ?).

Le tout non sans humour et un second degré omniprésent pour rappeler au spectateur que non, il ne vient pas visionner un chef-d’oeuvre du 7ème ou un drame très engagé, mais un divertissement estival inoffensif qui peut se targuer de gags pas finauds pour un sou mais réussissant contre toute attente à faire mouche.

Car c’est bien sur cet aspect que Baywatch cuvée 2017 réussit son coup : remplir honnêtement son contrat, et oser de temps en temps des petits trucs pour surprendre très légèrement son public mais pas trop.

Le coup de la morgue est à ce titre très osé pour une production du genre : on aime ou on n’aime pas, mais on ne restera pas de marbre.

Bien sûr, on pourra toujours hurler contre l’hypersexualisation de l’intégralité des personnages féminins (dont aucun n’est développé), des sauts de l’ange au ralenti et de scènes d’action un peu cheap… Mais en même temps, on savait déjà à quoi on s’engageait rien qu’à l’affiche et au visionnage des bandes-annonces.

Celles-ci ont par ailleurs le mérite de ne pas dévoiler les meilleures scènes, chose assez rare pour mériter d’être signalée. Elles ont convenablement vendu le produit final : « sea, sex, sun and fun ».

De la même manière que l’on sait pertinemment que manger au fast-food ne tient pas au ventre et que c’est définitivement trop gras, trop sucré ou trop salé, cela ne nous empêche pas d’y aller une fois de temps en temps pour se faire plaisir en toute connaissance de cause. Et même d’y retourner si on en veut encore.

C’est le cas de Baywatch cuvée 2017.

Ah. Et puis oui, on a aussi les caméos (inutiles) de Pamela Anderson et de David Hasselhoff. Mais en même temps, le générique de début nous l’annonce d’emblée.

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