Chroniqueur cinéphile spécialisé dans les bandes originales de films.

Synopsis

Orphelin recueilli par son oncle et sa tante qui le maltraitent, Harry apprend le jour de ses onze ans qu’il est un sorcier dont la scolarité est sur le point de commencer à la prestigieuse école de sorcellerie Poudlard…

Chronique

Le nom de John Williams n’évoque pas grand-chose au premier abord pour un profane. Et pourtant, s’il y a bien plusieurs noms qui se doivent d’être retenus dans le milieu relativement méconnu de la musique de film, c’est celui de John Williams. À moins d’avoir passé près de cinquante années dans une grotte, difficile de n’avoir jamais entendu une de ses compositions. Jurassic Park, Star Wars, Indiana Jones, Les Dents de la Mer, Superman, La liste de Schindler… L’énumération serait longue et ne présenterait aucun intérêt réel ici. Aussi, l’annonce de son nom au générique de l’adaptation cinématographique du premier livre de la saga littéraire Harry Potter de J. K. Rowling ne pouvait que ravir les connaisseurs.

Dès le courant de l’année 2001, le thème principal se fait entendre au travers des nombreuses bandes-annonces de ce qui promet d’être l’évènement des fêtes de fin d’année. Un motif espiègle, enfantin, enchanteur… En un mot, magique. Cela tombe bien : Harry Potter débute sa scolarité à l’école des sorciers.

Or, pour les aficionados de John Williams, la B.O. de Harry Potter ne sonnera pas complètement inédite tant les sonorités sont proches d’autres œuvres du compositeur, Hook et Home Alone en tête. Cela n’empêchera cependant pas d’apprécier la richesse du CD, que cela soit eux ou les profanes.

Le ton est donné avec la prédominance du thème principal, plus connu sous le nom de « Hedwig’s Theme » (la dernière et sans doute meilleure piste de l’album, une conclusion « concert » de toute beauté). Tout simplement le thème de la saga entière. Le nom d’Harry Potter est définitivement associé à cette musique qui, à n’en point douter, a permis à de nombreux spectateurs, jeunes et moins jeunes, de découvrir John Williams (dont l’auteur de ces lignes).

Mais se limiter à ce seul motif serait réducteur. Certes, il constitue le point d’orgue de cette mémorable B.O. mais c’est omettre que le reste du CD n’a pas à rougir. Entre un thème moyenâgeux festif pour le Chemin de Traverse (« Diagon Alley and the Gringotts Vault »), une mélodie douce et rassurante pour évoquer l’accueillant château de Poudlard (« Hogwarts Forever! and the Moving Stairs ») ou encore la ténébreuse marche accompagnant l’ombre planante et menaçante du mystérieux Voldemort (« The Face Of Voldemort », un thème qui est à rapprocher de la célèbre Marche Impériale de Star Wars : Episode V), John Williams s’en est donné à cœur joie, y compris pour mettre en musique les séquences des vols sur balai. La mésaventure de Neville Londubat (« Mr. Longbotton Flies ») ou encore le match de quidditch sont de grands moments « williamsiens » directement hérités de la B.O. de Star Wars : Episode I sortie en 1999. Mention spéciale à « The Quidditch Match », impressionnante pièce de plus de huit minutes, une fanfare mouvementée et virtuose.

L’album réserve aussi des moments plus atmosphériques (« Christmas At Hogwarts », « Fluffy’s Harp ») et plus intimistes (« Leaving Hogwarts ») ou les deux à la fois (« The Invisibility Cloak and the Library Scene »). Notons également l’inquiétante et martiale piste « Chess Games » qui illustre tout le savoir-faire de John Williams en matière de tension musicale.

Il est tout simplement impossible de tarir les éloges à faire pour une B.O. aussi enthousiasmante. Chaque piste appelle des commentaires plus laudatifs les uns que les autres. Le seul reproche à formuler tient peut-être en ce que, comme d’habitude avec le travail de John Williams, l’intégralité de la musique entendue dans le film ne figure pas sur le CD (où est passé le thème de la Forêt Interdite ?) et que certaines, bien que figurant dans le métrage, ont été réarrangées pour les besoins de l’album (ce que l’on peut appeler, dans le jargon, des « concert version »). Mais ce n’est vraiment que chipoter. En effet, cette édition se suffit largement à elle-même, même si l’éventualité d’une édition plus complète n’est pas à exclure pour l’avenir et constituerait indiscutablement un évènement pour tous les fans de musique de film qui se respectent.

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